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CONTRIBUTION

Tizi Ouzou à travers les âges

Vue générale de Tizi Ouzou. © D. R.

 Par : Mohammed ATTAF
 Écrivain

  Avant le XVIe siècle, la vallée du Sébaou était inhabitée   bien que ses terres soient fertiles et bien cultivées par les       montagnards des alentours. Ces derniers venaient travailler le jour et retournaient le soir dans leurs villages respectifs. Mais au moment des récoltes et des moissons surgissaient toujours des contestations et des conflits à cause des terrains mal délimités, ce qui se terminait souvent par des affrontements sanglants.

Au début du XVIe siècle, Ahmed Ou El-Qadhi, appelé aussi Ahmed Belkadi, roi de Koukou, commença à étendre son pouvoir à toute la région, tout en combattant l’anarchie qui y régnait. Il s’installa d’abord à Aourir, gros village du massif de l’Akfadou, où il commença à exercer son autorité sur quelques tribus de la région. Plus tard, les successeurs d’Ahmed Ou El-Qadhi allèrent s’installer à Koukou, chez les Aït Yahia, un petit village construit sur un piton qui surplombe le Haut-Sébaou, à environ huit kilomètres à l’est de Michelet (Aïn El-Hammam). 

Pour mettre fin aux conflits et aux affrontements dans la vallée, le roi confia la surveillance des terres et le maintien de l’ordre à des paysans kabyles qui allaient s’installer définitivement dans cette vallée en contrepartie de certains avantages. L’ordre finit par régner pour toujours et le nombre de résidents s’élargissait. La naissance des premières habitations le long de la vallée semble supposer que les Kabyles ont avancé graduellement vers l’ouest en suivant l’oued Sébaou par ses rives droite et gauche. Bientôt des petits bourgs épars pouvaient être localisés un peu partout sur les contours du village de Tizi Ouzou. 
Des postes de surveillance furent installés en quelques points élevés de la plaine. Des gens, venus de toutes parts, ne tardèrent pas à s’installer autour de ces postes. On leur distribua des lopins de terre et quelques moyens pour les cultiver. En contrepartie, on exigeait d’eux d’assurer l’ordre public et le versement de quelques redevances aux autorités. Les nouveaux venus étaient, pour la plupart, originaires des tribus berbères voisines mais aussi de nombreux arabophones venus de la région des Issers et de Dellys. C’est à partir donc de la fusion sociale de ces deux communautés que s’est introduit dans la région, à partir du XVIe siècle, un nouveau langage qui est “l’arabe parlé”.
Ce sont ces gens-là, de classes et d’origines différentes, qui constituèrent les noyaux des futurs villages des Amraoua, nom qui provient même du fait qu’ils avaient été les premiers à peupler la vallée. Le nom d’Amraoua signifie “peupler”.
Les Amraoua étaient dirigés par Belkacem Ou Kaci, le fils aîné des Aït Kaci. Pendant vingt ans, il fut le chef incontesté de la vallée du Sébaou. Sa présence indéniable à tous les événements marquants de l’histoire de la région lui a permis d’imposer sa puissance. L’homme fort du Sébaou allait bientôt intervenir même hors du territoire des Amraoua. Ces derniers ne tardèrent pas à devenir de redoutables cavaliers et à jouer un rôle important dans la vallée du Sébaou durant toute la période turque et pendant les débuts de l’occupation française en Kabylie. 
Dans un rapport adressé à Napoléon III, le 7 avril 1869, sur les Amraoua, le maréchal Bugeaud écrit : “La population des Amraoua est de 11 855 habitants. La tribu renferme 21 fractions et 63 villages répartis comme suit : Mekla : 1 476 habitants, Tikobaïn : 1 554 h, Sikh Ou Meddouor : 1 462 h, Belloua (village Tizi Ouzou compris) : 3 470 h, Draâ Ben Khedda : 1 642 h, Sidi Naâmane : 2 247 habitants.”
Au début du XVIIe siècle, des dissensions internes avaient affaibli le royaume de Koukou et la puissance des Ou El-Qadhi, ce qui a engendré un relâchement de la discipline et une tendance à l’anarchie dans les tribus des montagnes et les noyaux d’habitation existants dans la vallée du Sébaou. Profitant de ces désordres, les Turcs, qui occupaient déjà Dellys depuis 1555, pénètrent pour la première fois en Kabylie en lançant quelques détachements dans la vallée du Sébaou. Les premières incursions ont rencontré, certes, des résistances mais, mieux équipés et plus disciplinés que leurs adversaires, les Turcs finirent par s’imposer graduellement en employant conjointement la force et la diplomatie. 
C’est ainsi que vers 1640 ils construisent un poste d’observation, qui deviendra Bordj Turc, sur le col qui surplombait aussi bien la vallée du Sébaou que celle de Draâ Ben Khedda, sur l’emplacement même d’anciennes fortifications romaines. À partir de cette implantation, quelques familles des Amraoua, qui habitaient les environs, commencent à s’installer dans des demeures de fortune au nord du Bordj, sans doute pour chercher sécurité et protection. Au bout d’un certain temps, ces pionniers formèrent un modeste village qui prit le nom du lieu sur lequel il était implanté : “Tizi Ouzou”. Tizi Ouzou est un mot berbère qui se traduit par “Col des genêts” : Tizi veut dire “col” et “Ouzou” : “genêt”, un arbrisseau à tige verte et à fleurs jaunes qui couvre toute la région au printemps.
Vers 1720, le gouvernement turc d’Alger nomma un officier du nom d’Ali Khodja, pour surveiller la Kabylie et asseoir durablement la présence ottomane dans le bassin du Sébaou. C’est lui qui agrandit et fortifia l’ancien poste d’observation qui devint, dès lors, “Bordj Tizi Ouzou”. Il y installa une garnison dotée de quelques canons. Il est également à l’origine de l’implantation, à Abid Chamlal, d’une colonie d’esclaves noirs ramenés du Sud algérien pour faire du maraîchage au profit de sa garnison. Durant toute la présence turque en Kabylie, soit de 1640 à 1830, aucun édifice n’a été réalisé et laissé sur les lieux, par contre, pour alimenter leur trésor, d’imposantes collectes d’impôts, en espèces ou en produits (bétail ou maraîchers), se faisaient régulièrement.
L’armée coloniale française, quant à elle, pénètre, pour la première fois, en Kabylie le 7 mai 1844, soit quatorze ans après le débarquement de Sidi Fredj, malgré sa proximité géographique d’Alger. 

Tizi Ouzou, grande rue, avenue Ferdinand-Atlland. © D. R.

C’est le maréchal Bugeaud, alors gouverneur général de l’Algérie, qui mit sur pied une première expédition de 8 000 hommes et de plusieurs milliers de cavaliers ralliés, pourvu d’un important armement, contre la Kabylie. Cette campagne, qui a duré du 27 avril jusqu’au 25 mai 1844, allait permettre à l’armée coloniale de prendre pied pour la première fois dans la vallée du Sébaou. Le 27 avril, il prit le départ d’El-Harrach (Alger), et ce n’est qu’au bout de neuf jours qu’il atteignit la Kabylie. Les combattants des Amraoua dirigés par Belkacem Ou Kaci, ainsi que des formations armées commandées par le khalifa Ahmed Bensalem étaient venus de divers points pour défendre la Kabylie, mais l’armée coloniale, puissamment armée, rompue à la stratégie et aux ruses de guerre, utilisa les tirs d’artillerie qui provoquèrent un grand carnage se chiffrant à des centaines de morts, incendia les maisons, détruisit les récoltes, les arbres, décima le bétail, anéantissant ainsi toute résistance populaire. C’est ainsi que le 3 septembre 1844, à 8h, l’armée coloniale française arriva au marché du Sebt (marché du samedi) à l’entrée de Tizi Ouzou.

Devant tant de malheurs et de dévastations des plus cruelles, les chefs kabyles et leurs alliés se concertèrent pour une éventuelle reddition. 
Après deux jours de discussion et de tractations, toutes les conditions furent acceptées, et le 21 mai 1844 Bugeaud procéda à l’investiture des nouveaux chefs qu’il venait de donner à certaines tribus. 
Malgré l’occupation par les armées de Bugeaud et du général Randon de certains lieux stratégiques de la région, il a fallu quatorze expéditions composées de plusieurs généraux, de milliers de troupes militaires et d’auxiliaires, bien équipés en armement, pour pouvoir circonscrire, peu à peu, la résistance amazighe, tant la lutte et les combats étaient partout pour chasser l’envahisseur. Les différentes opérations militaires 
menées contre la Kabylie étaient de véritables génocides.
Dans son livre intitulé Études sur la Kabylie publié en 1840, l’explorateur français Ernest Carette décrit le village indigène de Tizi Ouzou comme suit : “Vers 1840, au-dessous du Fort, était établie la smala de Tizi Ouzou, laquelle constituait la population du village. La moitié des maisons était couverte de tuiles, l’autre moitié de chaume (diss). Le village pouvait mobiliser 400 cavaliers, tous armés de fusils, la population serait de 1 500 âmes (…) Il y aurait des figuiers, des oliviers, des vignes, du miel, etc.”
Au mois d’octobre 1855, l’armée coloniale entreprit des travaux d’aménagement et d’agrandissement du Bordj Turc, qui deviendra le Fort français, et se poursuivront jusqu’en 1857. À peine occupé par l’armée, quelques civils européens, ouvriers et petits marchands de denrées alimentaires, vinrent s’installer dans des baraquements, à côté du Fort. En quelques mois, le nombre des arrivants augmenta sensiblement et tous ces miséreux finirent par constituer une petite communauté. C’est alors que les autorités militaires décident l’expropriation des terres environnantes des musulmans et procèdent à l’attribution de lots de terrain aux premiers européens venus.
Les quelques maisons que les premiers colons européens avaient bâties en bordure d’une rue vont se multiplier pour donner naissance à la Grand-Rue, l’actuelle avenue Abane-Ramdane. 

Peu à peu, d’autres bâtisses furent réalisées pour abriter les différents services publics tels que le bureau de poste, l’école communale, la gendarmerie, le presbytère et l’église. Ce sont ces constructions qui formeront la deuxième artère de la ville, baptisée rue Saint-Eustache. 

Plus tard fut créé, sur l’emplacement même du village indigène, un centre de peuplement européen suite à une décision d’expropriation. 
Le 27 octobre 1858, un décret impérial signé par Jérome Napoléon officialisa la création d’un “Centre de population européenne composé de 94 feux (maisons) qui portera le nom de Tizi-Ouzou et sera doté d’un territoire agricole de 286 hectares”. Pour les Turcs et les autochtones, il était le “Bordj” et pour les Français, il était le “Fort”. Pour les premiers, il était à l’origine de la création du village de Tizi-Ouzou, et pour les seconds, il a été également à l’origine de la création d’un centre de population européenne à Tizi-Ouzou.
De 1858 à 1860, un grand nombre de colons accourt dans l’espoir d’obtenir des lots de terrain. La population va croître pour atteindre 600 habitants, formant une milice de 90 à 100 hommes. La moitié de ces habitants auxquels sont attribuées des terres agricoles est composée de commerçants et d’ouvriers. Ils sont inaptes à cultiver ces terres et les louent à des indigènes. Ces derniers, pour se rapprocher de leurs exploitations, provoquent l’agrandissement du village indigène et son expansion vers le centre européen. 
Du 3 mai au 7 juin 1865, l’empereur Napoléon III effectue un voyage en Algérie. Il consacre deux jours à la Kabylie où l’on se battait encore. L’empereur visita le village européen de Tizi-Ouzou, le Djurdjura et un fort, réalisé à Souk El-Arba (Larbaâ Nath Irathen), entouré d’un mur d’enceinte de 2 261 mètres, composé d’une citadelle et de trois blockhaus pouvant contenir 3 000 hommes avec armes et bagages. Après cette visite, le fort fut baptisé Fort-Napoléon avant de prendre le nom de Fort-National. En 1962, à l’indépendance, ce fort reprend son nom originel de Larbaâ Nath Irathen.
L’administration coloniale, tout comme les colons, croyaient que le calme qui régnait en Grande-Kabylie, en 1857, était un gage de sécurité et une réussite de la colonisation. 
Mais au fil des années, ils avaient perçu des changements progressifs dans l’attitude des Kabyles suite à l’écho qui ne cessait de se répandre promettant l’avènement d’une “guerre sainte” pour libérer le pays. Dès le mois de janvier 1871, des révoltes sont signalées dans l’est du pays. Le bachagha El-Mokrani, humilié par les autorités militaires et par le clan colonialiste, se préparait ouvertement au soulèvement. Plusieurs assassinats et actes de sabotage sont enregistrés un peu partout pour annoncer le début de l’insurrection. 
Le 17 avril 1871, les Kabyles, évalués entre 12 000 et 15 000 hommes conduits par le caïd Ali Ou Kaci, après un regroupement à Sikh Ou Meddour, se déploient autour du Bordj, l’encerclant totalement. Le 18 avril est lancée l’attaque contre le village européen de Tizi-Ouzou qui fut pillé et incendié. Après de durs combats, les Européens sont contraints d’abandonner le village pour se réfugier à l’intérieur du Bordj militaire. Le blocus du bordj commence alors.  Le télégraphe et l’eau sont coupés. Les vivres sont insuffisants. Le siège dure trois semaines. Des puits sont creusés à l’intérieur du Bordj, où des morts sont enterrés dans la discrétion.  Les assiégés sont gagnés par l’affolement et le désespoir.
Le 11 mai 1871, les renforts du général Lallemand finissent par arriver et délivrer les assiégés du Bordj. Le même jour, ses troupes prennent d’assaut les insurgés. Le combat s’engage au pied de la montagne du Belloua, mais les Kabyles doivent se replier sous le feu des mitrailleuses et des canons. Durant trois jours les fermes et les villages de Bétrouna, Oued Fali, Timizart Loghbar, Sidi Naamane et surtout Tizi-Ouzou sonnt incendiés. La répression est immédiate et impitoyable ; les populations sont frappées de séquestre qui leur enlève toutes leurs terres et leurs biens. 
Au lendemain de l’insurrection de 1871 qui a embrasé toute la Kabylie, les Algériens furent soumis aux pouvoirs discrétionnaires des autorités militaires et civiles en instituant le fameux “code de l’indigénat”. Et c’est en vertu de ce code que des générations d’Algériens allaient connaître tous sortes d’exactions et d’humiliations.
En 1873, un plan d’agrandissement du village européen est élaboré. Le nouveau plan sépare par une voie horizontale (boulevard du Nord) le village européen du village indigène, comme l’administration coloniale le surnommait. Plusieurs bâtiments sont construits: la prison civile, l’école de garçons, le palais de justice, la mairie, avec l’éclairage des rues et l’alimentation en eau potable. Les boutiques, les cafés, les débits de boissons sont de plus en plus nombreux.
Jusqu’en 1877, des indigènes habitaient encore le village européen. De nouveaux colons arrivaient et ne cessaient de réclamer l’expulsion de ces habitants indésirables. Le 5 mai 1877, la mairie décide de les exproprier et de créer un emplacement au village indigène, à l’est du quartier Lalla-Saïda, pour les installer. 
La loi du 23 mars 1882 instituait officiellement l’état-civil des musulmans. A Tizi-Ouzou, ce n’est que le 5 mai 1889 que les inscriptions sur les registres d’état-civil ont débuté mais une grande opposition venait des populations autochtones, qui ne voyaient dans cette opération qu’un moyen légal par lequel l’administration cherchait à violer leur intimité familiale et une tentative de francisation. 
Bientôt, plusieurs familles habitant des montagnes environnantes, pour fuir la misère et le dénuement qui les accablaient, rejoignent le village indigène de Tizi-Ouzou où elles s’installent définitivement, cherchant les possibilités de travail — bien qu’il soit rare, sous n’importe quelle forme et quel que soit le revenu — afin de subvenir aux besoins primaires de leurs familles.
Après avoir obtenu le refoulement des Tizi-Ouziens de la partie inférieure de leur village, les colons exigent le démantèlement du cimetière musulman qui se trouvait à l’est du quartier Lalla-Saïda, à l’emplacement actuel de l’Institut national de formation professionnelle (ex-école Jeanmaire) de Aïn Hallouf, du collège Mouloud-Feraoun et d’une partie du lycée Fathma-n’Soumer. En 1879, Un autre cimetière est ouvert à M’douha sur une superficie d’un peu plus de deux hectares.

Tizi Ouzou, la rue principale. © D. R.

Peu à peu, le village européen se transforme en une petite ville avec toutes les commodités, tandis que le village musulman, malgré son rattachement à la commune et sa proximité de la ville européenne, n’a connu que quelques insignifiantes réalisations, à savoir :
- Aménagement des sources de Aïn Soltane et Aïn Hallouf,
- Construction d’un lavoir à Aïn Hallouf après que les femmes indigènes furent interdites, à partir de 1880, d’accéder au lavoir du village où se rencontraient jusque là les femmes des deux communautés.
- Vers 1858, une école de garçons est construite à proximité de Lalla-Saïda, qui était alors le centre du village indigène. Cette école s’appelait “école arabo-française” et était mixte. Elle avait deux instituteurs. On y enseignait l’arabe le matin et le français l’après-midi. Elle était fréquentée par les enfants des colons et par quelques garçons musulmans. En raison de l’opposition des colons, l’enseignement de l’arabe fut supprimé.
- En août 1928 fut achevée la construction, à Aïn Hallouf, d’une école indigène comprenant neuf classes et un atelier de travail manuel. Cette nouvelle école indigène est appelée école Jeanmaire.  
- Un centre de formation professionnelle de poterie a été ouvert durant la Seconde Guerre mondiale. Il était situé dans le quartier Loumazar, près de Lalla-Saïda, à l’emplacement actuel de l’école Mekacher. Il recevait une quinzaine de stagiaires qui apprenaient à fabriquer les ustensiles de cuisine en terre cuite. Leur formation était sanctionnée par un diplôme.
- Quelques bornes-fontaines ont été réalisées dans certains quartiers pour les indigènes, mais l’eau ne coulait que rarement de leurs robinets.
Jusqu’en 1885, les routes étaient rares en Kabylie et celles existantes étaient en très mauvais état. Par contre, sur les voies carrossables, les diligences tirées par quatre ou six chevaux étaient nombreuses pour assurer le transport des voyageurs. Chaque jour, il y avait deux diligences directes au départ de Tizi-Ouzou pour Alger. 

Tizi Ouzou, l’hôtel de ville.© D. R.

Le voyage se faisait en 12 heures avec trois arrêts : l’Alma (Boudouaou), Menerville (Thénia) et Bordj Menaïel, des relais qui assuraient aux passagers le gîte et le couvert et aux chevaux la litière et la mesure d’avoine. Par contre, le trajet Fort-National – Alger se faisait en 15 heures. Plusieurs destinations étaient assurées également par des diligences à partir de Tizi-Ouzou telles que Boghni, Azazga, Michelet, Ouadhias et Dellys. Toujours en 1885, deux bateaux à vapeur reliaient Alger aux deux ports côtiers de la Kabylie que sont Dellys et Azzefoun. Le service était assuré deux fois par semaine. Le 13 mars 1888, un premier train d’essai, en provenance d’Alger, entre à la gare ferroviaire située à côté de la mairie de Tizi-Ouzou et ce n’est que 10 mars 1890 que le train entre pour la première fois à la gare de Tizi-Ouzou  avec des voyageurs.  
Durant la Première Guerre mondiale, la ville de Tizi-Ouzou est retenue par l’administration coloniale pour servir de centre d’internement et de transit des prisonniers allemands vers Fort-National, Bouira et Laghouat. Le 23 septembre 1914, 123 prisonniers allemands sont acheminés vers Tizi-Ouzou, par train spécial, le soir même de leur arrivée, à Alger, à bord du navire Le Calvados, puis transférés au Bordj militaire. En tout, 1 071 prisonniers sont internés et les autorités sont contraintes d’ouvrir un camp composé de paillotes vers Sikh Ou Meddour. Ces prisonniers ont été employés pour la réalisation de routes et de ponts.  
Entre 1873 et 1914, 14 journaux hebdomadaires touchant aux intérêts des colons, à la politique, aux finances, à la littérature, à l’art, au sport et à la satire sont édités à Tizi-Ouzou et diffusés dans la région. Certains ont duré quelques mois et d’autres quelques années si ce n’est plus, à l’image du journal Le Petit Kabyle, journal politique et littéraire paraissant le dimanche, qui a exercé du 1886 à 1920.


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