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Yennayer

Yennayer, un moment de réconciliation avec soi

© Archives Liberté

Par : KARIM OUARAS
MAÎTRE DE CONFÉRENCES, UNIVERSITÉ D’ORAN 2, IL Y ENSEIGNE LA SOCIO-LINGUISTIQUE, LA SÉMIOLOGIE ET L’ANALYSE DU DISCOURS 

 


“Les significations sociales de Yennayer sont à rechercher dans les pratiques agraires anciennes, la mythologie, les croyances païennes et religieuses, l’histoire nord-africaine et andalouse (Plantade, 2009) et bien évidemment dans la pratique effective de cette coutume ancestrale. Yennayer est un vocable qui a donné lieu à de nombreuses interprétations dont certaines sont approximatives et controversées”. 

Arrachée à son histoire plusieurs fois millénaire, en temps de guerre comme en temps de paix, la société algérienne se distinguant par une résilience hors du commun, a su en entretenir legs et senteurs. À présent, elle renoue graduellement avec ses fondements historiques, linguistiques, culturels et civilisationnels, et ce malgré les résistances idéologiques et parfois élitistes qui entravent son élan. Yennayer illustre on ne peut plus clair l’étendue de cette résilience et la nécessité urgentissime de la valoriser pour en faire une base solide d’une nation moderne.  

Immémoriale à bien des égards, mais permanente, la pratique ritualisée de Yennayer est entourée de symboles, d’affectivité et de croyances matérialisant le rapport de l’homme aux cycles saisonniers de l’année et à la terre nourricière de laquelle dépendent la fécondité, la profusion et la prospérité. Cette pratique présente un enchevêtrement d’enjeux et de croyances dont la fonction essentielle est de rappeler à l’homme la valeur de la terre et les soins qu’il faudrait lui prodiguer, mais il n’en demeure pas moins que ses fonctions actuelles transcendent largement cette dimension agraire qui est la sienne. 

Si elle ne revêtait pas quelque importance chez les acteurs sociaux dans la culture amazighe, cette pratique perpétuée et ritualisée serait tout simplement délaissée, ce qui n’est pas le cas même si, au demeurant, les traditions agraires ont cédé devant les avancées de la modernité. Cette pratique sociale donne lieu, dans ses expressions contemporaines et renouvelées, à différentes formes de ritualisation aux caractéristiques singulières à travers les différentes régions nord africaines et dans les pays étrangers accueillant des populations issues d’Afrique du Nord. Elle renvoie surtout à une dimension tabouisée de l’histoire de cette région du monde à savoir l’amazighité qui va au-delà de l’espace étroit de l’État-Nation hérité du traumatisme colonial. 

Si Yennayer renvoie à une pratique sociale effective et attestée sur une aire géographique très étendue que l’on pourrait circonscrire essentiellement au Nord de l’Afrique, il n’est pas exclu de lui trouver des expressions un peu partout dans le pourtour méditerranéen si l’on prend en compte les ressemblances frappantes et fécondes entre les pratiques ritualisées de ses deux rives. 

Il est de coutume ancestrale en Afrique du nord (et en Andalousie du Moyen Âge aussi) de célébrer Yennayer, sous des formes variées, pour placer la nouvelle année sous d’heureux auspices en célébrant la fertilité et la fécondité de la terre. Yennayer renvoie d’abord à un rituel agraire ancien qui renferme des faits sociaux perpétués dans l’imaginaire collectif local en rapport avec la célébration des cycles saisonniers. Il renseigne ensuite sur l’harmonie et la symbiose qui caractérisent les rythmes vitaux de la société et ceux de la vie agraire, et l’attachement viscéral de l’homme à la terre nourricière dont la symbolique est inaliénable. 

Si ses fonctions essentielles sont plus ou moins perpétuées sous différentes formes à ce jour, Yennayer en embrasse d’autres en investissant la sphère du symbolique et du politique tout en se renouvelant au gré des mutations et recompositions sociales. Traduire en langage clair cet ensemble enchevêtré d’enjeux, c’est interroger les acteurs sociaux et le sens qu’ils donnent à leurs pratiques plus que la pratique sociale elle-même.

Ce n’est donc pas la permanence de Yennayer et encore moins sa dimension originelle qui importe ou interpelle, mais c’est plutôt ses expressions et ses fonctions actuelles qui ne se bornent pas seulement à la symbolique de la vie agraire. Il importe de nous interroger sur les mécanismes de la résilience et du renouvellement qui président à la célébration de Yennayer dans le temps présent et surtout sur ses fonctions actuelles et ses répercussions sur l’imaginaire collectif en termes d’identification et d’appartenance.

Une reconnaissance réparatrice
Longtemps occultées, stigmatisées et réprimées, les langues, l’histoire et la culture amazighes en Algérie, comme dans les autres pays nord-africains, connaissent aujourd’hui de profondes mutations et reconfigurations aussi bien sur le plan des pratiques qui permettent leur expression que sur le plan du regard politique porté sur elles.

En effet, par souci de domestication et/ou de (re)valorisation de la dynamique sociale qui a pris à bras-le-corps le fait amazigh en Algérie, les autorités politiques du pays ont fini par décréter Yennayer, jour de l’an amazigh, comme fête nationale et officielle à partir de 2018, après avoir reconnu et institué tamazight comme langue nationale en 2002 et langue officielle en 2016 même si cette officialité n’est pas suivie de modalités d’application à ce jour. Ces décisions politiques marquent une rupture symbolique avec un déni longtemps alimenté par un impératif linguistique et identitaire se réclamant d’une appartenance au monde arabe qui a été, et l’est encore sous d’autres formes, le fil d’Ariane d’un récit historique plus idéaliste que réaliste.

Répondant à une revendication linguistique et identitaire de plus en plus pressante, ces décisions annoncent un retour vers soi qui nécessite d’être accompagné à long terme afin d’aboutir à une société apaisée qui n’aura plus peur de regarder son histoire en face. Une société réconciliée avec elle-même et avec son histoire plurielle et plusieurs fois millénaire, a toute latitude de mener à bon port le projet d’un socle commun dont les ingrédients sont à portée de main.

Que sait-on sur Yennayer ? 
Hormis les traces qui nous sont parvenues par le biais de l’oralité, de la pratique sociale et des quelques travaux de recherche réalisés çà et là, l’on ne sait que peu de choses sur Yennayer. Lire ou écrire sur Yennayer n’est pas chose aisée dans la mesure où cette pratique, comme beaucoup d’autres, n’a pas bénéficié de suffisamment d’intérêt dans la recherche académique locale, surtout après l’indépendance.

Les raisons de cette pénurie de savoirs sont multiples mais toutes convergent vers une raison d’ordre politico-idéologique qui a évacué les particularismes locaux, surtout amazighs, du questionnement scientifique et des priorités culturelles et identitaires du jeune État algérien.

La politique d’arabisation menée tambour battant durant de longues décennies pèse encore de tout son poids sur une société fortement désemparée au point d’intérioriser certaines contre-vérités concernant ses langues, son histoire et son identité. Cette politique a fait de la langue arabe institutionnelle un impératif et un national, devenu, au fil du temps, une obsession aux conséquences incontrôlées au point même de desservir la langue qu’elle prétend promouvoir.

La négation du fait amazigh a débouché sur une pénurie de connaissances en la matière laissant place à une surpolitisation et une idéologisation du débat le concernant en évacuant de fait ses dimensions linguistiques, socio-anthropologiques et culturelles partagées. Le peu de travaux qui y sont consacrés, nous les devons à une poignée de chercheurs qui ne bénéficient pas d’un enseignement à grande échelle dans les universités algériennes, y compris dans les spécialités censées interroger les structures et les dynamiques sociales locales. Seules quelques institutions de recherche locales échappent à ce constat. 

Un mot, une fête et des histoires 
Les significations sociales de Yennayer sont à rechercher dans les pratiques agraires anciennes, la mythologie, les croyances païennes et religieuses, l’histoire nord-africaine et andalouse (Plantade, 2009) et bien évidemment dans la pratique effective de cette coutume ancestrale. Yennayer est un vocable qui a donné lieu à de nombreuses interprétations dont certaines sont approximatives et controversées. 

En langue amazighe, Yennayer est également appelé aqqeru usseguas (la tête de l’année) ou aghalay nawatay (le retour de l’année) chez les Imohars (Touareg) ou idh usseguas (nuit de l’année) au Maroc. Le vocable tabburt usseguas, lui, désigne le commencement des labours d’automne ou ce qu’on appelle herthadem ou iweggiven en Kabylie. En arabe dialectal, le nouvel an amazigh est désigné par les termes ras al 3am ou nnayer. 

Au Moyen Âge, les premières traces écrites (Corentiente, 2013 ; Plantade, 2009 ; Dellai, 2018) se rapportant à Yennayer comme moment festif interviennent dans les écrits du maître de la poésie Zajal Muhammed Ibn Quzman (1086-1160) à Cordoue et ceux du faqih malékite Abu Bakr Muhammad al Turtusi (1059-1126). Si le poète décrit Yennayer comme un moment festif, le faqih, lui, y voit une innovation “bid3a”. 

Ibn Quzman évoque Yennayer à deux reprises dans son Diwan. Dans un premier temps, il en parle en termes festifs et dans un second temps, il donne une description détaillée de la célébration de Yennayer au 12e siècle à Cordoue. Au gré d’une promenade dans un marché de Cordoue, Ibn Quzman décrit avec minutie les produits exposés de manière alléchante sur les étals du marché (brioches, cornes de gazelles, friandises, fruits frais et secs) qui font la joie de ceux qui disposent de moyens financiers pour se permettre de célébrer Yennayer. Poème Zajal (40 et 72 ) d’Ibn Quzman Figure 1. Fête de Yennayer à Cordoue au 12e siècle.

Le poète de Cordoue trouve étrange la façon d’exposer les fruits et les friandises à l’occasion de cette fête. Pour illustrer ce pêle-mêle attrayant et réussi, il usera d’un oxymore en disant que les fruits secs (amandes, châtaignes, dattes, noix, glands, figues sèches et raisins secs) sont “éparpillés avec ordre et dispersés avec un soin rassembleur”. 

Ce poème d’Ibn Guzman est l’une des rares sources médiévales à donner autant de détails sur le cérémonial de Yennayer en Andalousie. Il convient de souligner que la célébration de cette fête actuellement dans l’Oranie et dans d’autres régions en Afrique du Nord donne à voir des ressemblances frappantes avec celle décrite par Ibn Quzman au 12e siècle à Cordoue. Cet exemple renseigne sur la circulation des savoirs entre l’Andalousie médiévale et l’Afrique du Nord. La prédominance de cette fête dans l’Ouest algérien et au Maroc serait due à cette proximité avec la péninsule ibérique. 

Pour dater Yennayer, il est souvent fait référence à l’intronisation de Shechonq, un Lebou originaire de la tribu des Mchawcha en Égypte, et non de Béni Snouss, sur la 22e dynastie pharaonique d’Égypte en 950 av. J.-C. (événement mentionné dans la bible hébraïque). Pour rappel, c’est le militant de la cause berbère Ammar Neguadi qui a pris l’initiative en 1980 de faire de cette intronisation un point de départ du calendrier berbère tel qu’il est connu aujourd’hui. Cependant, l’amazighité en Égypte et en Afrique du Nord n’a pas attendu cette intronisation pour y advenir.

Elle est bien antérieure à cet épisode historique. Elle se vérifie aussi bien sur le plan géographique, toponymique, ethnique, archéologique, linguistique, historique et autres. La profondeur de l’histoire amazighe ne saurait se réduire à cette date quand bien même son choix demeurerait compréhensible vu les circonstances dans lesquelles il a été opéré. Il importe donc de resituer et documenter correctement cet épisode symbolique pour pouvoir interroger avec rigueur le fait amazigh dans sa profondeur historique et éviter tout simplisme dans l’écriture et l’enseignement de l’histoire.

Un rituel singulier et des réalités plurielles en Kabylie
Il est de coutume de préparer imensi n-yennayer un repas où les légumes se taillent la part du lion, pour marquer ce moment cardinal de l’année. Le cérémonial d’amenzu gu-ennayer ou aqqeru usseguas est marqué par au moins quatre moments clés : Thaswiqth imensi gu-ennayer (le petit marché de Yennayer), asfel gu-ennayer (Le rite du sacrifice), l3ezla gu-ennayer (la première coupe de cheveux pour les enfants en bas âge), un cérémonial qui intervenant à la mi-Yennayer et Amerdhil (le jour de l’emprunt). 

La première coupe de cheveux pour enfants est souvent accomplie par le membre le plus âgé de la famille pour que l’enfant vive aussi longtemps que lui. Pour ce faire, l’on préfère se servir d’un rasoir au lieu de ciseaux pour que l’enfant n’ait pas de mains préhensives ou devienne cleptomane (Genevois, 1975). L3azla gu-ennayer est aussi marquée par la plantation de tiges de laurier-rose (illili) dans les champs agricoles pour protéger les plantations et les champs en jachère. La fête de Yennayer se caractérise aussi par un autre rite pratiqué en Afrique du Nord, celui du port du masque.

La symbolique du masque en Kabylie est représentée par la figure de Bou3fif (le vertueux) (Servier, 1985). Le masque bou3fif est confectionné à l’aide d’une courge évidée (Genevois, 1975). Même principe avec Ayredh de Béni Snouss, ce sont les enfants qui, accomplissant ce rite, en sillonnent les rues du village pour recueillir des dons pour bou’fif, en criant tamellat i bu3fif ou tamellalt i umghar (un œuf pour Bou3fif). Le personnage de Bou’fif est appelé différemment d’une région à une autre. Dans les Ath Ziki par exemple, on l’appelle Amghar uchequf (le pot abîmé ou cassé). Au Maroc, on le désigne par le nom d’Amghar n ukhsay (le vieux à la courge) (Rabaté, 1967). 

Dans l’Oranie
Profondément ancré dans les traditions locales de l’Oranie, nnayer (appellation locale) représente un moment particulier de convivialité. C’est pratiquement l’une des rares régions en Algérie où des étalages à perte de vue, garnis de fruits secs et de friandises et décorés de belles guirlandes, sont dédiés à cette fête dans les petits et grands marchés, et ce depuis toujours.

Cette spécificité de l’Oranie tend à s’étendre à d’autres régions d’Algérie surtout depuis l’institution de Yennayer comme fête nationale. Porté par un attachement fort à cette tradition ancestrale mais surtout par une dynamique commerciale dense et bien huilée, nnayer a des saveurs particulières dans cette région. 

Les marchés populaires de l’Oranie sont d’un apport décisif dans le maintien et la transmission de cette tradition amazighe. Les riverains qui s’y rendent ont peu de chances d’échapper à la tentation de débourser une bonne somme d’argent pour s’offrir un moment de joie en famille ou entre amis autour d’une meïda bien garnie. Pour les attirer, les commerçants redoublent d’ingéniosité d’année en année en soignant l’aspect visuel de leurs étalages riches en couleurs. En somme, le marketing est de mise pour attirer le plus grand nombre de clients et donner à nnayer les allures d’une grande fête. 

À Oran, la célébration de Yennayer ne se borne pas seulement à ces étalages achalandés, un riche programme culturel et artistique est concocté chaque année par l’Association culturelle Numidya, cheville ouvrière de la promotion de la langue et du patrimoine amazighs à Oran, en collaboration avec la Direction de la culture d’Oran, le Haut-Commissariat à l’amazighité et d’autres associations et organismes locaux. On y tient des expositions d’objets artisanaux, de livres, de bijoux, de vêtements traditionnels et d’autres objets.

Des conférences thématiques, des pièces théâtrales, des soirées musicales et des excursions sont également programmées dans le cadre de ces festivités qui drainent chaque année des foules impressionnantes à Oran. Chez les Béni Snous et dans d’autres régions de l’Ouest (Destaing 1905), il est de coutume de préparer deux sortes de repas.

Le premier c’est leyla lberda (nuit froide) à base de blé tendre cuit à vapeur, de fèves et de pois chiches suivie de m’khalate un mélange de fruits secs et de friandises comme celui décrit par le poète Ibn Quzman. On l’appelle aussi trèze. Le second jour, c’est leila el hamia (nuit chaude), où l’on sacrifie une volaille pour préparer un repas chaud, accompagné de reguig (feuilles de pâte fine) ou de cherchem. Cette tradition ancienne est encore d’usage de nos jours.

Dans les villages de Béni Snous, on célèbre le rituel d’ayredh, une pratique qui mêle déguisement, maquillage, port du masque et procession humaine aux sons de la ghaïta et du bendir. La figure du lion passe d’une maison à une autre pour demander de la nourriture. Le rituel d’ayredh donne à l’espace public les allures d’un théâtre de rue où le public joue à la fois le rôle d’acteur et de spectateur.

 Dans la région de Tlemcen, Yennayer est traditionnellement fêté en préparant trois repas différents, nefqat elham, nefqat elkermous et ras el’am, durant trois jours (Destaing, 1905). Toujours dans la même région, la récolte des olives se fait préférablement à la période de Yennayer. Il est dit dans un adage de la région kheli zitounek l-ennayer, yedhmen lek lakhsayer (Destaing, 1905).

Ses retombées symboliques
Si l’apparat festif de ce rituel agraire est le premier à être observé et considéré, il n’en demeure pas moins que les usages actuels qui le perpétuent lui assignent des fonctions historiques, socio-culturelles, civilisationnelles, économiques et écologiques. Ainsi, Yennayer se conjugue au temps présent sans pour autant se dissocier de la tradition et de l’ancrage historique qui sont les siens.

Traversant des millénaires, cette fête (ré)occupe aujourd’hui une place centrale dans la culture amazighe en dépit du fait que des voix, surtout parmi les adeptes du courant islamo-conservateur, s’élèvent encore contre sa célébration car elle est considérée comme une fête impie ou une bid’a (innovation).

Pour endiguer ces campagnes de stigmatisation et l’ignorance qui leur est corolaire, une myriade d’acteurs regroupant chercheurs, militants du mouvement associatif et de la cause amazighe, artisans, institutions de recherche et institutions étatiques, est mobilisée pour faire de Yennayer un moment de réconciliation avec soi. D’importants efforts pédagogiques sont consentis çà et là pour transcender les lectures réductrices et simplistes de l’histoire de l’Afrique du Nord en la replaçant dans sa pluralité fondatrice.

Yennayer, tel qu’il est célébré aujourd’hui dans les quatre coins de l’Algérie, se veut un médium d’une éducation à la citoyenneté et à l’altérité.
Ses retombées historiques sont indéniables dans la mesure où ce moment de joie réunit les Algériens et les rapproche de leur histoire millénaire avec laquelle ils se réconcilient graduellement en se réappropriant leur identité amazighe qu’ils conjuguent aux autres composantes de leur identité collective.

Sur le plan socio-culturel, cette fête est synonyme de convivialité familiale et de cohésion sociale parce qu’elle a réussi plus ou moins à cimenter la société algérienne longtemps fragmentée par les égarements de ses dirigeants et d’une partie de ses élites. À cela s’ajoutent les rôles économiques et écologiques inhérents à cette fête dans le sens où elle relance l’artisanat local, le tourisme et rappelle, ne serait-ce que sur le plan symbolique, les valeurs de l’autosuffisance, de la terre et de ses richesses. 

 

Références

● Dellai, A.-A., 2018. Un document étonnant : Yennayer en Andalousie musulmane (note de recherche). El Watan 13/01/2018. 
● Destaing, E., 1905. L’ennayer chez les Beni Snous. Revue africaine, vol. 49, 51-70.
● Corriente, F., 2013 (traduction). Diwan Ibn Quzman El Qurtubi, içabat al-aghradh fi dhikr al-a’radh. al Ribat : Dar abi reqraq l-iltiba’a wa al-Nachr
● Genevois, H., 1975. Le rituel agraire. Fichier périodique berbère n°127. 
● Plantade, Y., 2009. Yennayer: l’histoire d’un mot. 
● Rabaté, M.-R., 1967. La mascarade de l’Aïd el Kébir à Ouirgane (Haut Atlas). Objets et Mondes (Revue du Musée de l’Homme), t 7, fasc. 3, 165-184.
● Servier, J., 1985. Tradition et civilisation berbères, les portes de l’année. Paris : Editions du Rocher.


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