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Culture / Culture

inauguration hier de la statue du chanteur Idir

Ath Lahcène immortalise son enfant prodige

© D.R

Face au majestueux Djurdjura et au pic Talettat, la stèle de l’auteur de la célèbre Vava Inouva trône désormais tel un sanctuaire sacré parmi les siens, à l’entrée d’Ath Lahcène, village natal d’Idir, dans la commune d’Ath Yenni (Tizi Ouzou). Grâce à son talent et à son génie, cet artiste hors pair a réussi à propulser la culture et l’identité amazighes sous les projecteurs du monde entier.        

Tout autour de cette statue érigée à sa mémoire, à l’occasion du premier anniversaire de sa mort, des banderoles accrochées sur les murs résument fièrement ce qu’était cet auteur, compositeur et interprète pour les siens. “Idir, un résistant tranquille”, “Idir : une voie plurielle, authentique et universelle”, “Idir : un homme, une œuvre, un repère, un patrimoine”, lit-on sur quelques-unes d’entre elles. Devant ce monument, de nombreux visiteurs se bousculent pour immortaliser cet instant en photo comme c’était le cas de son vivant. “Idir ou Hamid pour les intimes était quelqu’un de très ouvert. Il aimait rire et raconter des blagues”, se rappelle Djenane Mohand Ouremdhane, l’un des proches d’Idir, rencontré sur place. “En tant qu’artiste, ce n’est pas juste à moi de le juger. Idir a porté la chanson kabyle au sommet de l’art. Il l’a fait connaître sur le plan mondial grâce notamment à sa chanson phare, Vava Inouva”, a-t-il ajouté, disant d’Idir que c’était aussi quelqu’un de très attaché au village, à sa commune de naissance et à sa Kabylie natale. “Il venait souvent au village pour revoir sa famille et ses amis d’enfance. Il avait un lien viscéral avec sa terre de naissance”, a témoigné Dda Mohand. Selon lui, les villageois envisagent même de réaliser, à côté de sa statue, une tombe symbolique d’Idir. 

Ayant était dans la même classe et à la même table qu’Idir, alors élèves en 5e chez les Pères blancs, durant l’année scolaire 1957-1958, Oukid Mohamed, natif du village voisin, Ath Larba, garde encore des souvenirs vivaces de son ami d’enfance. “Idir était toujours en train de siffloter et de fredonner des chansons et de la musique. Il aimait aussi pianoter sur la table de classe. D’ailleurs, notre enseignant de français de l’époque, le père François Dessole, le surnommait Piano”, a raconté Mohamed Oukid. “Idir a toujours été attiré par tout ce qui concernait le chant et la musique. C’était aussi un bon élève, calme, avenant et studieux. J’en garde le souvenir d’un homme discret qui écoutait tout le monde.

Il avait un caractère spécial, d’une grande bonté et camaraderie”, a poursuivi M. Oukid. Son cousin, Sami Cheriet, s’est souvenu d’un enfant doué. “Avec Hamid, enfant, on était tout le temps ensemble. C’était quelqu’un de très doué. Très tôt, il a aimé dessiner. Il faisait des caricatures sur les murs, à l’entrée de notre maison familiale, Askif. Il aimait aussi jouer de la flûte qu’il confectionnait lui-même après avoir appris chez les jeunes bergers de la région et c’était son premier instrument”, s’est-il remémoré, avant de poursuivre : “Lorsque notre grand-père le surprenait en train de jouer, il cachait son instrument car à l’époque, le chant était encore tabou, mais on arrivait toujours à déjouer les interdits pour aller jouer de la musique, grâce notamment à notre grand-mère qui était un peu notre protectrice.” Selon M. Oukad, Idir aimait aussi écouter les fables et les chants anciens de sa grand-mère maternelle qu’on appelait Hebou, et qui était poétesse. 

K. Tighilt


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