Scroll To Top

Culture / Culture

La nature est sa principale inspiratrice

Bettina Heinen-Ayech, l’Allemande qui peignait l’Algérie

© D.R

Décédée à Munich le 7 juin 2020 à l’âge de 82 ans, Bettina Heinen-Ayech est née en 1937 à Solingen (Rhénanie-Allemagne). Son père dramaturge et poète, et sa mère qui tenait un salon littéraire, lui ont légué le goût et le don de l’art. Enfant, ses dessins révélaient déjà un talent qui n’a pas échappé à l’œil averti du peintre Erwin Bowien (1899-1972), ami de la famille, qui entame l’éducation artistique de la petite Bettina. C’est tout naturellement qu’elle fera ses études de 1954 à 1958, à l’École des beaux-arts de Cologne, à l’académie des Beaux-Arts de Munich et à l’Académie royale de Copenhague (Danemark). Artiste-peintre avérée, elle va parcourir le monde et exposer dans plusieurs villes d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Plus de 26 expositions de l’artiste, de dimension internationale, ont été réalisées entre 1955 et 2017. 

La nature est sa principale inspiratrice : “Le cycle des saisons et tous les miracles de la nature ont une forte influence sur ma peinture”, aimait-elle raconter. “Lors de mes aventures en quête d’un thème et lorsque je suis en pleine nature, je vis une sensation de vision, je perçois une flopée de couleurs m’envahir provenant de différentes dimensions, je ne sais d’où elles viennent, mais ce que je sais c’est que je les ressens et immédiatement je me mets à peindre”. 

Bettina Heinen, qui fréquente les galeries et ateliers parisiens, va y rencontrer l’homme qui deviendra son mari, Abdelhamid Ayech,(1926-2010) originaire de Guelma. C’est dans cette ville de l’Est algérien qu’ils s’installent au lendemain de l’indépendance, ce qui va constituer un tournant dans la vie et le parcours artistique de Bettina Heinen-Ayech. Qui connaît Guelma et son arrière-pays sait que la nature, d’une beauté époustouflante, offrait à Bettina-Ayech des paysages qui excitaient son esprit créateur et renforçaient son inspiration. L’artiste se met à les immortaliser dans des tableaux dont une partie sera acquise par le Musée national des Beaux-Arts d’Alger en 1968. En 1992, une rétrospective de 120 de ses tableaux est organisée par le même musée. L’année suivante, elle reçoit le prix de la Fondation Baden de Solingen, sa ville natale, en Allemagne. 

Elle enchaînera les distinctions et les honneurs en Algérie et dans son pays d’origine. En 2004, une deuxième grande rétrospective se tient aux Beaux-Arts d’Alger. Deux ans après, Bettina-Ayech sera honorée par le ministère algérien de la Culture. Aujourd’hui encore, ses œuvres sont exposées en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Des musées conservent ses œuvres en Algérie, Allemagne, Tunisie, Syrie… Bettina Heinen-Ayech a vécu près d’une cinquantaine d’années à Guelma : “Je peins tellement ce paysage qu’il est devenu une partie de moi-même, bien que l’art ne consiste pas seulement à peindre de beaux paysages. C’est aussi une partie de mon travail de montrer cette beauté”.

En novembre 2020, une plaque commémorative a été apposée sur sa maison natale à Solingen. Si ce n’est déjà fait, il est souhaitable qu’un espace public à Guelma ou dans une autre ville porte le nom de cette artiste qui a eu le plaisir et l’honneur de peindre l’Algérie et de porter aux quatre coins du monde les images de sa beauté.  

 


ALI BEDRICI


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER