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Culture / Culture

Une année après sa disparition

Idir revient cette semaine

© D. R.

Plusieurs manifestations et hommages sont organisés en Algérie et à l’étranger pour se remémorer l’artiste et ses œuvres éternelles.

Une année déjà s’est écoulée (2 mai 2020-2 mai 2021) depuis le décès de celui qu’on nommait à juste titre “l’ambassadeur de la chanson kabyle” mais pour les siens, même si Hamid Cheriet repose désormais en paix, Idir, lui, demeurera infiniment cette légende vivante qui, par sa redoutable arme, la guitare, sa voix attendrissante et son génie, n’a pas seulement bercé plusieurs générations de ses concitoyens mais a surtout réussi à émerveiller le monde entier dans une langue que l’on découvrait partout en même temps que ses chefs-d’œuvre.

En reconnaissance à cet homme désormais entré par la grande porte dans la postérité, toute la Kabylie se mobilise depuis quelques jours déjà pour lui rendre l’hommage qu’il mérite. L’un des plus grandioses hommages prévus pour ce premier anniversaire, c’est naturellement dans sa région natale d’Ath Yenni qu’il a débuté depuis le 30 avril dernier. 

Au programme de cette commémoration organisée par l’APC, en collaboration avec les comités de village et les différentes associations locales, figurent des expositions permanentes sur la vie et l’œuvre de cet auteur, compositeur et interprète, des séances témoignages et des animations artistiques avec la participation de nombreux artistes.

Le tout sera couronné, aujourd’hui dimanche, date anniversaire de son décès, par une cérémonie d’inauguration d’une statue réalisée à l’effigie de l’interprète de Vava Inouva, la chanson qui le propulsa, et avec lui sa culture, au-delà des frontières nationales. Des activités ont également lieu dans son village natal Ath Lahcène, où une soirée artistique a été déjà organisée avant-hier avec la participation de deux figures de la chanson kabyle, Djamal Kaloun et Ali Meziane.

À Tizi Ouzou, l’association culturelle Djurdjura a organisé hier soir, à la maison des artistes, une soirée intitulée “Chantons ensemble Idir”. Selon Ahmed Semah, membre de ladite association, tous les artistes qui participent aux soirées du Ramadhan devaient être au rendez-vous pour reprendre ensemble et exclusivement les différents titres de cet artiste hors pair. Une autre soirée dédiée à Idir aura lieu aujourd’hui au Relais-vert d’Oued Aïssi, à l’initiative de Saoudi Pro. 

Plusieurs autres hommages citoyens sont prévus cette semaine à travers toute la Kabylie. Même la JSK a tenu à lui rendre un vibrant hommage. Côté officiel, la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou n’a pas laissé passer cette occasion pour concocter un programme en hommage à celui qui a donné une dimension universelle à la chanson kabyle.

Parmi les activités qu’elle a prévues à la maison de la culture Mouloud-Mammeri figurent des expositions autour de la vie et l’œuvre d’Idir, des témoignages et des chants avec de jeunes artistes. La même direction a également prévu des activités en ligne, telles que le concours de la meilleure chorale interprétant Idir et celui du meilleur portrait réalisé par de jeunes artistes à sa mémoire.

Dans son initiative, la direction de la culture a associé de nombreuses figures de la chanson qui ont interprété chacun une chanson de l’enfant d’Ath Yenni. Parmi ces artistes figurent Lounis Aït Menguellet avec la chanson Ay arrac negh qui invitait depuis 1979 déjà les jeunes à ne pas abandonner la lutte pour l’identité, et aussi Akli Yahiatène avec la célèbre A Vava Inouva, Amel Brahim Djeloul avec A ya Lkhir Inu, Ali Amran, Allaoua et aussi Tanina, la fille de l’illustre artiste.

À vrai dire, les artistes ne sont pas les seuls à s’impliquer dans la commémoration de la disparition de cet ardent défenseur de la culture berbère qui, avec son œuvre monumentale, avait donné même motif à Mouloud Mammeri, l’autre symbole de la culture berbère, de se sentir tranquillisé, comme il le lui a signifié un jour en lui déclarant : “Tu sais Hamid, je ne pensais pas vivre avant de voir que la lumière de notre culture pouvait être si magnifiquement restituée et si bien interprétée.

Tu lui as redonné la place qui lui revient de droit, et là haut au ciel je sens que nos ancêtres jettent sur toi des bénédictions sous forme de poussières d’étoiles.” Sur les réseaux sociaux, ils sont très nombreux à apporter leurs témoignages et à rendre hommage au chanteur, chacun à sa manière. “Le berceur de nos nuits, le mélodiste aux formidables expériences acoustiques et aux trocs esthétiques rayonne au firmament… Son art brillera de mille feux d’en haut. Ses mélodies bercent nos cœurs et ses airs caressent notre mémoire… La meilleure façon de rendre hommage à un chanteur, c’est d’écouter ses chansons et d’en saisir toute leur quintessence. Les poètes ne meurent jamais”, a témoigné, entre de nombreux auteurs, Dr Mouloud Ounnoughène.

Dans la région d’Ath Yenni, plusieurs larges banderoles accrochées aux murs résument amplement à quel point les habitants sont fiers de cet artiste, devenu aussi, à travers plusieurs de ses albums, dont la France des couleurs, un symbole des dialogues de cultures. “Idir : Un résistant tranquille”, “Idir : voix plurielle, authentique et universelle”, “Idir : un homme, une œuvre, un repère, un patrimoine”. 
 

Samir LESLOUS

 


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