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Culture / Culture

Décès de l’artiste Naïma Ababsa

La musique algérienne orpheline de l’une de ses ambassadrices

© D. R.

Investie  très  tôt  dans  la  sphère  artistique,  grâce  à  une  famille  de mélomanes  dont  le  père, Abdelhamid  Ababsa, chantre  de  la  musique patriotique et du “aiyai”, Naïma Ababsa, qui a chanté le patrimoine musical algérien aux quatre coins de la planète, a tiré sa révérence avant-hier des suites d’une longue maladie.

L’auteure-compositrice et interprète de musique andalouse Naïma Ababsa est décédée avant-hier à l’âge de 58 ans des suites d’une longue maladie et des complications du coronavirus, a annoncé sa famille dans la journée de dimanche. Hospitalisée depuis quelques jours après sa contamination à la Covid-19, elle avait été admise au service de réanimation, duquel elle n’en sortira malheureusement jamais. Sa sœur, la chanteuse Fella Ababsa, résidant à Paris actuellement et ne pouvant assister aux funérailles de sa cadette, a posté une vidéo sur les réseaux sociaux. 

Elle tentera d’adresser quelques derniers mots à sa frangine, en contenant difficilement ses sanglots : “Elle s’est battue pendant 30 ans contre le cancer qui la rongeait de l’intérieur. Elle est mon âme sœur. Naïma est une femme courageuse, mais elle est partie sans me dire adieu. Elle était le pont qui me reliait à ma patrie, cette patrie que j’ai tant chantée”.

En plus de Fella, de nombreux hommages d’artistes, d’intellectuels et de personnalités ont été rendus après l’annonce de son décès. L’universitaire Souâd Kedri dira : “Le monde artistique en deuil. La chanteuse Naïma Ababsa est décédée. Paix à son âme. Rebi yerhamha (Que Dieu lui accorde Sa Sainte Miséricorde)”.

L’écrivain Amin Zaoui se remémore, pour sa part, leur rencontre, il y a quelques années, lors d’un voyage au Proche-Orient. “J’ai connu d'abord son père cheikh Abdelhamid Ababsa, c'était au siège de l'Union des écrivains, dans les débuts des années 1980, un homme pétri d’humanisme, de poésie et de musique”, a-t-il posté sur les réseaux sociaux, et d’ajouter : “Ensuite j'ai connu sa fille Naïma Ababsa à l'occasion d'un voyage au pays du Levant. Naïma est une dame de cœur, habitée par l'amour de la vie et de l'art. Sa disparition est une grande perte pour la scène artistique. Adieu Naïma Ababsa ! Adieu l'artiste !”. 

Investie très tôt dans le domaine musical, grâce à une famille de mélomanes, dont le père, Abdelhamid Ababsa en l’occurrence, chantre de la musique patriotique et du “aiyai” (chant bédoui), Naïma Ababsa s’intéresse à la musique dès l’âge de 10 ans en intégrant l’orchestre féminin dirigé alors par sa mère. Elle anime par la suite des fêtes familiales et religieuses. Idole des artistes de la nouvelle génération, son empreinte sur la culture et les arts a été et sera à jamais indélébile.

Qui ne connaît pas ou n’a déjà entendu, en effet, Eli baghi yaksi martou, et son refrain entêtant qui rend hommage aux us et coutumes de l’Algérie ainsi que son patrimoine, ou encore Nailyat, une déclaration d’amour à la région et sa culture. Touche à tout, elle maniait aussi bien le piano que d’autres instruments, et chantait autant le hawzi, le assimi que le chaoui. Comme son défunt père et sa grande sœur Fella, elle réussit à inscrire en lettres d’or le nom des Ababsa, une famille de patriotes, défenseurs et gardiens du patrimoine culturel.

Au cours d’une carrière longue de plus d’une trentaine d’années, Naïma était devenue, une ambassadrice du patrimoine musical et culturel algériens. Ses concerts, donnés au Canada, en France ou encore au Moyen et Proche-Orient, et sa voix, puissante et mélodieuse, ont fait rayonner la musique algérienne aux quatre coins du monde. 
 

YASMINE AZZOUZ


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