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Culture / Culture

La famille d’Abderrahmane Bouguermouh interpelle le ministère de la Culture

L'Algérie doit récupérer et diffuser le film La Colline oubliée

© D. R.

Les membres de la famille d’Abderrahmane Bouguermouh ainsi que les comédiens qui ont pris part, jeudi, à l’hommage rendu par la radio Tizi Ouzou à ce père du cinéma amazigh, à l’occasion du huitième anniversaire de son décès, ont interpellé le ministère de la Culture pour récupérer le film La Colline oubliée qui se trouve toujours en France et qui n’est ni répertorié en Algérie ni diffusé par la télévision algérienne. 

Lors de leurs différentes interventions au forum Si Tizi Akine, les membres de la famille Bouguermouh et les comédiens ayant joué les principaux rôles dans le film La Colline oubliée ont souligné que ce chef-d’œuvre cinématographique a été porté par la Kabylie et produit par la Kabylie, mais qu’aujourd’hui encore, il se trouve en France. “Nous interpellons le ministère de la Culture afin d’œuvrer à récupérer ce film et à le diffuser pour permettre aux Algériens de le voir”, a lancé l’acteur principal du film soulignant que ce film qui a marqué la naissance du cinéma amazigh n’a jamais été diffusé par la télévision algérienne. 

Lui emboîtant le pas, l’enseignante universitaire, Souad Koudri, a, elle aussi, appelé à ce que “ce film soit répertorié en Algérie comme étant un chef-d’œuvre algérien”. Un appel également appuyé par les deux fils d’Abderrahmane Bouguermouh, Sofiane et Zahir, ainsi que par l’ancien directeur de la maison de la culture de Tizi Ouzou, Abderrahmane Hacène El-Hadj, qui, dans ce sillage, a rappelé les péripéties auxquelles le réalisateur a été confronté en se lançant dans ce projet d’adaptation du roman de Mouloud Mammeri qui lui tenait à cœur.   

Selon M. El-Hadj, en déposant le scénario du film en 1968, Abderrahmane Bouguermouh “a pris soin de rajouter à la fin la mention qu’il ne sera produit qu’en kabyle, ce qui n’était pas du goût des fanatiques du monolinguisme, et c’est surtout ce qui lui a valu d’être taxé de berbériste et, par conséquence, d’être confronté à d’innombrables obstacles par la suite”. En somme, d’être censuré puisque Bouguermouh n’obtient l’autorisation pour le tournage du film qu’en 1996.

“La Colline oubliée a été mis dans les tiroirs de la censure durant une vingtaine d’année, et même lorsqu’il est sorti, Bouguermouh a subi des pressions et a été privé de tout ce qu’on devait donner pour réaliser un film d’une aussi grande ampleur. On a fini par lui donner une autorisation, mais les subventions ont fait défaut”, a témoigné Zahir Bouguermouh, le fils du réalisateur avant de révéler qu’à la présentation du film en France, il a été classé 3e au box-office pendant 15 jours, alors que La guerre des étoiles occupait la 4e place.

“C’était grâce à la mobilisation de la population que le film a pu être réalisé”, a affirmé l’universitaire Latifa Lafer, qui a également souligné que la réussite de ce film tient au fait qu’en l’adaptant au cinéma, Bouguermouh a su et eu l’intelligence de préserver l’esprit de l’œuvre littéraire de Mouloud Mammeri contrairement à ce qui en était avec L’Opium et le bâton par exemple. 

Les présents au forum se sont également longuement étalés sur la rigueur, le génie, mais aussi la modestie de ce réalisateur qui a non seulement défraîchi le premier sentier du cinéma amazigh, mais lui a aussi donné sa première vague de comédiens de talent.  
 

Samir LESLOUS


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