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Culture / Culture

Exposition au Centre culturel Algérien de Paris

L’onirisme et l’identité vus par trois plasticiennes

Les artistes peintres au CCA de Paris lors du vernissage. © Liberté

De l’univers métaphysique de Fatima Mansouri aux revendications identitaires de Mejda Ben et aux “Guerrières” en habit traditionnel d’Amina Hammadi, l’exposition, qui se tient jusqu’au 25 septembre au CCA, rassemble des expressions artistique diverses.

Les artistes peintres algériennes Mejda Ben, Amina Hammadi et Fadela Mansouri ont été les hôtes du Centre culturel algérien (CCA) de Paris le samedi 10 septembre (jusqu’au 25 septembre), à l’occasion d’une exposition collective de leurs œuvres, sous le titre de “Créativité féminine”. Le vernissage s’est déroulé en présence d’un public connaisseur représentant  différents arts (littérature, cinéma, Beaux-Arts…), qui a pu découvrir les toiles exposées et rencontrer les artistes présentes.

La jeune Mejda Ben a eu un parcours particulier. Après des études de psychologie, elle obtient un master en arts et sciences de l’art à Alger, ce qui lui permet d’accéder au monde artistique où elle se trace déjà un chemin prometteur : “Pour moi, l’Algérie représente une grande source d’inspiration (…) Je m’emploie à mettre à l’honneur la richesse de notre identité à travers mes choix thématiques et symboliques.” Les toiles exposées de Mejda Ben représentent “le héros d’Alger” Raïs Hamidou, Alger à travers les âges, ainsi que des “fragments de réflexion”, aspects philosophiques de la vie. “Depuis quelques années, je m’aventure vers la voie de la nature”, ajoute-t-elle, ce qui rend la douleur des récents incendies encore plus intense, mais l’artiste célèbre l’espoir à travers un olivier dont de jeunes pousses annoncent une renaissance : “Ɣas nerɣa, ad nemɣi” (même brûlés, nous germerons de nouveau), prédit-elle.

L’autre exposante, Amina Hammadi, est une artiste peintre diplômée de l’école des Beaux-Arts de Mostaganem, où elle enseignera par la suite. Elle a sillonné tout le territoire algérien afin d’exposer lors d’événements culturels nationaux. Elle expose également à l’international, au Maroc, en Tunisie, en Jordanie ou en France où elle réside actuellement. Visages de femmes, telle est l’impression qui se dégage de prime abord de ses tableaux exposés. Les visages des femmes aux yeux fermés ou ouverts “sont le reflet de l’âme ; ils expriment la vérité et les émotions pures et intenses”. Une toile attire l’attention : La Guerrière, profil d’une femme fière et déterminée dans son habit algérien traditionnel. Elle vise l’horizon où elle semble avoir conclu un accord avec l’avenir. 

La troisième exposante s’appelle Fadela Mansouri. Elle a la particularité d’être autodidacte. Son école, c’est son monde intérieur dans lequel elle puise l’essentiel de son inspiration : “Lorsque je commence un tableau, j’ignore quel en sera le résultat, j’écoute mes sens jusqu’à en faire une œuvre achevée.” Les peintures de Fadela Mansouri “sont empreintes d’éléments rappelant ceux du monde tels l’eau, le feu, l’air ou encore la terre. Les couleurs sont vives comme un braisier, comme une éruption volcanique presque gazeuse.

Son univers est métaphysique, onirique, fait de paysages aux confins des mondes”. “Dans ses toiles, l’artiste utilise des matériaux comme le bois, la toile de jute, des éléments métalliques… qu’elle mêle à la peinture pour donner une matière si singulière à ses toiles.” De la discussion avec les artistes peintres, les écrivains, les cinéastes… présents au CCA, se dégage leur volonté de contribuer à l’essor culturel du pays, mais ils regrettent cependant que les autorités et les organismes culturels algériens ne les invitent pas à étaler leur talent et à s’épanouir dans leur pays. 

Un cinéaste-documentariste affirme revenir des USA où il a présenté un film sur l’Algérie, alors qu’aucune invitation ne lui est parvenue de l’autre côté de la Méditerranée. Tous ces artistes n’ont pourtant qu’une envie : renouer et communier avec le public algérien. Le monde foisonne d’auteurs algériens dans tous les domaines. Il est à espérer que les institutions culturelles algériennes, ainsi que les éditeurs, les galeries d’art, les centres cinématographiques, les médias lourds, etc. leur ouvrent leurs portes, dans l’intérêt de la culture et du public en Algérie. 

 


ALI BEDRICI


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