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Culture / Culture

décès du très populaire comédien Blaha Benziane

Mort… du rire

© D. R.

Célèbre acteur  des  séries  télévisées et autres Sitcoms, “Ennouri” incarne avec talent le personnage comique et drôle dans chaque production où il campe un rôle incontournable. Dans le très populaire feuilleton de “Achour El Acher”, il est le véritable Roi… du rire.

“Tout ce que je veux, c’est faire un travail qui plaise au public et dont il soit satisfait. L’argent vient après, selon moi. Faire rire les gens, dessiner un sourire sur leur visage, c’est ma mission”, disait feu Blaha Benziane, la veille de son décès dans une vidéo. Le vœu du comédien, décédé avant-hier à l’âge de soixante-huit ans à l’hôpital militaire d’Oran, est indubitablement exaucé. Celui qui a tant fait rire les Algériens jusqu’à son dernier souffle avec le rôle de “Nouri”, qu’il campe dans la série à succès Achour El-Acher, tire sa révérence après avoir accompli sa mission sur terre : apporter du baume au cœur et une bonne dose d’humour. Car sans “Nouri” – devenu même son surnom pour bon nombre de concitoyens – Achour El-Acher n’aurait certainement pas la même saveur. 

Sa malice, son rire communicatif, ses répliques désopilantes, dont le fameux “Ya benâami” qu’il lance çà et là dans la cour achourienne, ont font l’une des personnalités les plus appréciées du petit écran. Son ultime rôle, Blaha l’a porté à bout de bras malgré la maladie cardiaque dont il souffrait depuis plusieurs mois. Il était inconcevable pour lui de se défiler, quoi qu’il advienne. Il a tenu à reprendre son rôle et honorer son engagement auprès du réalisateur et du public. À l’écran, ce n’est certainement pas un Blaha malade que les Algériens ont pu redécouvrir dans la troisième partie du feuilleton Achour El-Acher. À aucun moment, il n’a laissé apparaître le moindre indice d’une quelconque souffrance physique. Car l’amour du métier coulait dans ses veines, et les décennies passées entre le théâtre et la télé ont forgé l’artiste qu’il est devenu.

Un parcours non sans embûches néanmoins, compte tenu de la situation délicate des artistes qui prévaut depuis trop longtemps maintenant. Qu’à cela ne tienne, Blaha avait dédié sa vie à l’art, jusqu’au dernier souffle, et cet engagement ne sera certainement pas oublié de sitôt par ses fans et le grand public. Ironie du sort, dans le dix-neuvième épisode, diffusé avant-hier soir, soit quelques heures avant l’annonce du décès de l’artiste, “Nouri”, sortant des cuisines du palais s’empiffre d’un des gâteaux destinés à la princesse Abla avant de s’effondrer… De nombreux internautes se sont étonnés de cette étrange coïncidence. “Incroyable, à la fin de l’épisode, Nouri s’effondre, écrit un utilisateur du réseau bleu. Il a joué en étant malade. Il nous a tant fait rire. Que Dieu l’accueille dans Son vaste Paradis.” 

Les hommages de Djaâfar Gacem et Salah Aougrout 
À l’annonce du décès du comédien, le réalisateur Djaâfar Gacem a posté un long message de condoléances sur sa page Facebook, regrettant la perte d’un ami et d’un frère : “Je ne trouve pas les mots pour décrire ma douleur aujourd’hui, car j’ai perdu un frère, un ami, une source d’inspiration... Une personne extraordinaire qui illumine le plateau par sa sincérité et sa bonne humeur a toute épreuve.” Et d’ajouter : “Tu vas me manquer Blaha, le souvenir de ta personne exceptionnelle restera grave dans mon cœur a jamais.

Je te dédie cette saison 3 de Achour, durant laquelle tu as été exceptionnel. Je garderai en mémoire la chance que nous avons de t'avoir eu une dernière fois a nos côtés. Repose en paix mon ami, et sache que nous t’aimerons toujours. Je présente mes condoléances à toute sa famille et je lui souhaite beaucoup de courage.” L’ancien roi Achour, Salah Aougrout, a tenu lui aussi à saluer la mémoire de son ami via un post sur Instagram : “Blaha était l’un de mes plus proches amis. C’était un passionné, Il possédait une belle âme. Que Dieu l’accueille dans Son Vaste Paradis.” Avant de se faire connaître à travers le petit écran, Blaha a fait son bonhomme de chemin sur les planches de théâtre, notamment celui d’Oran auprès du défunt Abdelkader Alloula. Il entame son parcours artistique dans les années 1970 à l’âge de vingt ans. Il côtoie et apprend des plus grands de cette époque, avant de se lancer quelques années plus tard dans des productions télévisuelles. Toujours sous la houlette de Djaâfar Gacem, il a campé une palette de personnages dans la série Ness mlah city dans les années 2000 ou “Kada” dans Djemaï Family du même réalisateur.

À noter que son passage dans l’émission “Kouzinet Achour”, animée par sa partenaire à l’écran Khaouther El-Bardi, a été avancé pour hier soir, a annoncé la production du feuilleton Achour El-Acher. Prévu initialement pour le 29 du mois de Ramadhan, cet épisode “tout en complicité” était le tout dernier passage de Blaha derrière la caméra. Adieu l’artiste ! 
 

Yasmine AZZOUZ


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