“Être en bonne santé, c’est être l’artisan de ses choix et de ses actions. C’est aussi avoir le sentiment d’avoir l’initiative sur son existence. Lorsque les choix ne sont pas possibles et les marges de manœuvre réduites, l’existence est subie. Le sentiment de bien-être n’est plus. Le stress est déjà là. S’il dure, il affecte la santé.” La messe est dite, Dr Mahmoud Boudarène, psychiatre et docteur en sciences biomédicales, a résumé, on ne peut mieux, la substance de son dernier ouvrage mis à jour “destiné aux jeunes médecins, psychologues et aux praticiens en devenir, les étudiants en médecine et en psychologie qui, selon l’auteur, ont le souci du bien-être et de la santé des sujets qu’ils auront à rencontrer dans l’exercice de leur mission, mais qui sont également acquis à un regard différent sur la pratique médicale”.
Dans sa préface, le professeur émérite de psychiatrie à la faculté de médecine de Nice (France), Guy Darcourt, réplique : “Vivre, c’est avoir des problèmes. Bien vivre, c’est trouver les bonnes solutions.” En paraphrasant Alexandre Dumas, le Pr Darcourt définit le stress comme étant un phénomène biopsychosocial. Il comporte des composantes biologiques et des manifestations psychiques dans un contexte social. Chacune de ces composantes intervient dans le processus et est intriquée avec l’une et l’autre. Ce à quoi Dr Boudarène fait une incursion dans l’histoire pour revisiter la définition du stress depuis ses origines latines, avant qu’il ne soit utilisé, pour la première fois, au 18e siècle, par les Anglo-Saxons pour le déterminer comme “une réaction de détresse en relation avec des agressions extérieures”.
L’auteur ira plus loin pour établir une parfaite synthèse de l’état des connaissances sur les composantes biologiques, à savoir hormonales, neurobiologiques, immunologiques, en soulignant les notions acquises et les axes de recherche actuels, dont la neuro-immuno-modulation ou le système nerveux entérique. Et si l’auteur a évoqué tous les contours scientifiques du mal planétaire, il n’en demeure pas moins qu’il a suffisamment transcrit les effets du stress avec des exemples concrets du vécu de l’homme, que ce soit dans l’environnement médical, familial ou encore dans le monde du travail.
Il illustrera parfaitement le mal qu’a fait subir ce vieux démon à l’humanité, comme “le viol des femmes”, “les enlèvements” “le terroriste et ses actes”, “la situation des services de sécurité”, “le terrorisme”, “le printemps noir de Kabylie” ou encore les effets de la concorde civile et de la réconciliation nationale sur l’état d’esprit général des Algériens qui avait prévalu durant les années 2000. Des solutions ? Le Dr Boudarène en propose une panoplie que le lecteur découvrira au fur et à mesure qu’il savourera un livre-référence qui, indique le Dr Boudarène, “a l’ambition de bousculer les idées enseignées, jusque-là, par une médecine traditionnelle dogmatique, rigide et de plus en plus dévitalisée, car devenue trop technique et hyper spécialisée”. L’auteur le précisera bien en avouant que cet ouvrage “inscrit son objet dans la promotion d’une médecine moderne, compétente et apte à guérir” et “un plaidoyer pour une médecine qui prend conscience de la dimension humaine de la souffrance et qui est résolument convaincue de la nécessité d’y apporter les indispensables soins”.
FARID BELGACEM