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Un artiste aux multiples talents

© D.R.

Blaha Benziane n’était pas seulement un acteur de télévision, il se produisait également sur les planches, en tant que comédien ou marionnettiste, était passionné de poésie populaire et avait même collaboré à des recherches sur le melhoun au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc). “C’était un grand comédien de théâtre, séduisant sur scène. Il avait l’art de communiquer avec le public”, confie Azri Ghaouti qui avait eu à diriger le défunt dans quelques pièces telles que Nessin oua Salatine du défunt Abdelkader Alloula, Un sultan à vendre et Le jeu du mariage et du hasard, deux adaptations de Mourad Senouci. “Blaha, qui évoluait dans les années 1970 dans une troupe de théâtre amateur, est venu au TRO où il a noué une relation très particulière avec Abdelkader Alloula.

À telle enseigne que le dramaturge lui a écrit une pièce intitulée Teffah, se rappelle encore l’ancien directeur du TRO en soulignant la passion que Blaha nourrissait pour la poésie populaire. “C’était un fin connaisseur du melhoun. Il en apprenait beaucoup et aimait en déclamer.” Cette passion, Blaha la partagera dans les années 1980 avec un autre “mordu” de la poésie populaire, Ahmed Amine Dellaï, actuellement chercheur en anthropologie culturelle. “J’ai fait la connaissance de Blaha à l’USTO où je dirigeais des activités culturelles. On me l’avait présenté comme étant un passionné du melhoun. Et c’en était un !”, se rappelle Dellaï. Les deux hommes ne se quitteront pratiquement plus, assistant aux conférences sur la poésie populaire que donnait notamment la défunte Mekki Nouna, et se rendant à des rencontres avec les Chyoukh, sur la place Tahtaha de M’dina J’dida. “Ses connaissances étaient telles que, dans les années 2000, lorsque j’ai rejoint le Crasc, je l’ai invité à participer en qualité d’enquêteur aux recherches que je dirigeais sur le Melhoun. Il nous a beaucoup apporté”, continue Mohamed Amine Dellaï qui reconnaît que Blaha était “un homme du cru ayant baigné dans la poésie populaire” et l’avait “beaucoup aidé dans la compréhension du melhoun”. 

Mourad Senouci, actuel directeur du théâtre Abdelkader-Alloula, a, lui aussi, beaucoup côtoyé Blaha Benziane. Il en garde le souvenir d’un comédien doué qui avait le contact facile, mais aussi d’un marionnettiste talentueux. En 2010, le défunt avait, en effet, travaillé avec le metteur en scène, Missoum Saïd, dans la réalisation du spectacle Hokm el ghaba, une production de la coopérative Le Triangle ouvert. “C’est l’un des rares comédiens à avoir réussi à faire l’unanimité”, souligne Senouci.

Le défunt a été enterré à Sig, (Mascara) en présence d’une grande foule venue de plusieurs régions du pays. Il laisse deux garçons et une fille, et un grand vide dans le cœur des Algériens.

S. Ould Ali


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