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Culture / Culture

Création de “La maison des artistes” de l’association Djurdjura

Un espace d’art et de libre échange

© Liberté

Fraîchement créée, l’association Djurdjura vient de prendre une initiative pour le moins originale pour faire découvrir et surtout promouvoir les jeunes talents dans le domaine musical à Tizi Ouzou. Les opportunités de se produire sur scène dans cette ville étant de plus en plus rares et surtout inaccessibles pour les artistes en devenir. En effet, profitant du désert culturel engendré par la crise sanitaire dans la région, les membres de l’association Djurdjura ont pris l’ingénieuse initiative d’ouvrir leur siège, baptisé “La maison des artistes”, pour accueillir des soirées d’un nouveau genre où les artistes ne se contentent pas d’exprimer leurs talents mais aussi de débattre librement.

À l’instar de ces débats sur la situation de l’art et de son avenir en Algérie où il reste dans sa large proportion otage d’une gestion institutionnelle et administrative qui ne fait que tuer les talents dans l’œuf, comme le répètent chaque soir les nombreux artistes qui participent à ces rencontres. Selon Ahmed Semah, membre de ladite association, le principe de ces rencontres est de réunir, chaque soir, des artistes, confirmés ou en voie d’émerger, pour leur donner une occasion de reno

uer ou de découvrir la scène et les faire découvrir gratuitement au public. “En raison de la situation sanitaire, le public est bien entendu restreint à une trentaine d’invités chaque soir. Mais il s’agit d’un public connaisseur et qui participe donc aux débats dans la sérénité.” Et Semah d’ajouter : “Notre objectif à travers ces soirées est à la fois le partage de l’art, de donner aux artistes l’opportunité de se produire, de faire sortir les jeunes talents qui n’ont pas accès à la scène de la marginalisation et de l’anonymat en leur permettant de dévoiler et de faire découvrir leurs talents.” “En ouvrant le débat après quelques chansons, dit-il, nous voulons aussi donner la parole aux artistes et au public pour débattre de l’art”, a expliqué notre interlocuteur, tout en soulignant que l’objectif majeur reste celui de faire sortir l’art des circuits officiels et institutionnels pour ainsi le démocratiser. 

Pour les nombreux artistes que nous avons eu à rencontrer lors de certaines de ces soirées, ce concept mérite d’être généralisé sinon étendu à d’autres espaces similaires de sorte à donner la chance, soutiennent-ils, aux nouvelles générations d’artistes qui regorgent de talents. “La maison des artistes de Tizi Ouzou s’est érigée en quelques jours en une île pour l’art et les artistes”, nous dira l’un d’entre eux. “Cet espace me rappelle les cafés artistiques d’antan qui ont permis à d’illustres anonymes de devenir des célébrités”, nous dira un autre. 

Lors des débats de ces rencontres, les artistes ont également mis le doigt sur de nombreux obstacles et problèmes qui tuent à petit feu l’art musical en particulier. Ainsi, la disparition des supports matériels, l’inaccessibilité de la scène, les raisons du manque d’engagement du public, l’absence de volonté politique pour libérer les initiatives qui demeurent conditionnées par des autorisations et des licences sont les quelques problèmes débattus. 

 


Samir LESLOUS


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