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Économie / Actualités

Dégradation des fondamentaux et absence de réformes structurelles

La poudrière économique

© Archives Liberté

La problématique du financement du déficit budgétaire devrait resurgir rapidement alors que les  autorités ont  déclaré  qu’elles ne recourront plus à la planche à billets.

L’agenda politique du gouvernement semble primer sur l’agenda économique. C’est pourtant sur le front des réformes économique que le gouvernement devra œuvrer pour améliorer la compétitivité, réduire l’informel et créer un environnement favorable au développement de l’entreprise. 

À la réforme politique, les autorités devraient se pencher, sans tarder, sur un autre chantier, également, d’envergure : restaurer la soutenabilité économique lourdement fragilisée par la chute des recettes d’hydrocarbures et la perte de confiance des investisseurs.

Le  dernier  communiqué  de  la  Banque  d’Algérie  sur  les “évolutions des situations monétaire et prudentielle à fin 2020” pointe certaines fragilités de l’économie algérienne.

Selon la Banque d’Algérie, la liquidité globale des banques a baissé au cours des neuf premiers mois de 2020, passant de 1 100,8 milliards de dinars à fin 2019 à 461,8 milliards de  dinars  à  fin  septembre 2020, corrélativement  au déficit courant de la balance des paiements et aux impacts économiques de la pandémie de Covid-19. 

Cette liquidité a commencé  à  s’améliorer au cours  du  dernier trimestre de 2020, sous  l’effet  des  mesures  de  politiques  monétaires décidées par la Banque d’Algérie. Ainsi, la liquidité bancaire a atteint 632,3 milliards de dinars à fin 2020.

L’autre indicateur qui devrait interpeller  le  gouvernement est la hausse de la circulation fiduciaire hors banques de 12,93%, passant de 5 437,6 milliards de dinars à fin 2019  à  6 140,7 milliards de  dinars  à  fin  2020.  Elle représente 34,73% de la masse  monétaire globale à fin 2020 contre 32,94% à fin 2019. Parallèlement, les dépôts à vue ont diminué de 3,22%.

La situation des finances publiques n’est pas plus rassurante. Avec un “point mort” fiscal estimé par le Fonds monétaire international (FMI) à 135,2 dollars le baril, la question du financement du déficit budgétaire devrait resurgir rapidement, alors que les autorités ont déclaré qu’elles ne recourront plus à la planche à billets ni à l’endettement extérieur.

En faisant porter l’ajustement budgétaire sur les investissements publics, l’impact récessif sur l’économie risque d’être décuplé. 

La dépense publique est souvent considérée comme le moteur de l’économie. Certains experts estiment qu’il est possible d’agir sur les dépenses de fonctionnement.

Le plan de relance économique 2020-2024 indique qu’en 2019, 48% du budget de fonctionnement est consommé par les rubriques “rémunérations et charges sociales”.

“L’action économique et sociale” mobilise 28% du budget de fonctionnement, alors que les subventions en captent 15%. Par ailleurs, des efforts ont été, certes, faits sur les importations. Mais dans le détail, sur les onze premiers mois de l’année 2020, la réduction des importations n’a, cependant, pas été la même pour tous les groupes de produits.

En effet, celle-ci a été principalement tirée par une réduction drastique de -31,8% de biens d’équipement industriels (représentant 31,8% et 26,5% des importations en 2019 et en 2020, respectivement), de -23% des biens intermédiaires (demi-produits, représentant 24,7% et 23,3% des importations en 2019 et en 2020, respectivement) et de -11,8% des biens de consommation non alimentaires (représentant 15,5% et 16,7% des importations en 2019 et en 2020, respectivement). Une forte réduction des biens d’équipement agricole (-56,2%) est aussi à noter. 

La production nationale ayant diminué du fait de la crise de la Covid-19 durant cette même période, il  est  normal  que  l’importation  de biens intermédiaires diminue également.

Cependant,  la  réduction  de  l’importation  de  biens d’équipement industriel pourrait peser sur  les capacités  de  production  et  donc  sur  le  potentiel de croissance économique futur. 

Les exportations sont, également, sous pression. Constituées à plus de 95% d’hydrocarbures, elles ont encore chuté, l’année dernière, conséquence d’un double effet volume-prix.

Des  économistes estiment  que  la  substitution  aux  importations  et  la diversification  des  exportations  algériennes  rendent  nécessaires  les transformations structurelles de l’économie. Dans tous les cas, des décisions s’imposent, afin d’éviter à l’Algérie un ajustement macroéconomique sévère à court et à moyen terme.
 

Meziane RABHI


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