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Économie / Actualités

ils tirent la sonnette d’alarme

La solitude des managers publics

© D.R

L’organisation patronale du secteur public assure que le manager subit “le manque d’information économique, le manque d’outils d’aide à la gestion, mais il est surtout seul face à la bureaucratie et la pénalisation de l’acte de gestion”.

Les membres de l’Union nationale des entrepreneurs publiques (Unep) ont été unanimes, hier, à déplorer la situation dans laquelle sont plongées les EPE. Réunis au siège de la Société algérienne des assurances (SAA) à Bab  Ezzouar, les patrons des EPE ont tiré la sonnette d’alarme pour informer sur l’isolement que vivent ces EPE.

Selon Charaf-Eddine Amara, P-DG du groupe Madar et vice-président de l’Unep, “le manager est seul” à subir le manque d’information économique, le manque d’outils d’aide à la gestion, mais surtout seul face à la bureaucratie et à la pénalisation de l’acte de gestion.

D’ailleurs, la question de la dépénalisation de l’acte de gestion est l’une des principales préoccupations évoquées par Lakhdar Rekhroukh, président de l’Unep, dans son allocution d’ouverture de la rencontre. Selon le président de l’Unep, “l’objectif de cette dépénalisation est d’aboutir à une libération effective des initiatives des dirigeants publics pour leur permettre d’exercer leurs missions sans contrainte au service de l’économie nationale”.

Outre cette question de dépénalisation de l’acte de gestion, Lakhdar Rekhroukh a sérié un certain nombre de difficultés qui entravent le bon fonctionnement des EPE, à commencer par les difficultés de l’accès à la commande publique qui s’est rétrécie ces dernières années à la suite de la réduction du budget d’équipement public, ainsi que le retard dans le paiement des prestations et services.

Le président de l’Unep pointe également du doigt la concurrence déloyale prévalant notamment du fait du marché informel. À ce titre, il a indiqué que l’EPE se doit soit d’entrer dans le jeu, soit de se retirer du marché en question. Lakhdar Rekhroukh a, par ailleurs, soulevé la problématique de l’autorisation d’importation des pièces de rechange, intrants ou équipement, à laquelle sont soumises les EPE.

Conséquence de cette mesure : ce sont les privés qui se sont érigés en centrale d’achat pour les entreprises publiques. La liste des préoccupations est longue et elle englobe aussi les contraintes liées au foncier tant dans sa disponibilité que dans son organisation et sa gestion. Il y a aussi les dysfonctionnements constatés dans le domaine de la régulation du marché national et les difficultés d’accès aux marchés extérieurs.

Au-delà du constat, la réunion de l’Unep d’hier se voulait être un espace de propositions pouvant réunir les moyens et conditions pour relancer l’investissement. Certes, la situation financière des entreprises appelle à des mesures de soutien et des facilitations pour assurer leur pérennité et la réservation de l’emploi, mais il ne sert à rien de continuer à financer une EPE non viable et sans perspective.

À ce titre, l’Unep plaide pour la mise en place d’un système d’évaluation, de suivi et de veille sur la viabilité des EPE, afin d’appliquer les mesures qui s’imposent. La réorganisation du secteur public marchand semble être une action indispensable pour l’Unep, à la lumière des profondes mutations enregistrées tant au niveau national qu’international.

L’Unep propose la création d’une structure nationale chargée des participations de l’État pour lever les interférences dans la gestion du secteur marchand et consacrer une plus grande autonomie de gestion. Concernant le foncier, l’Unep propose la création d’une plateforme d’information sur le foncier excédentaire des EPE et de réfléchir aux moyens de sa valorisation à travers l’investissement et le partenariat.

L’EPE, hors hydrocarbures et finances, représente entre 23 et 28% du PIB. Selon le président de l’Unep cette contribution peut être augmentée à condition d’avoir une démarche basée sur la concertation et l’échange d’informations. Pour le P-DG du groupe Madar, le problème n’est pas forcément financier, ajoutant qu’on a besoin de plus de bonne gouvernance. Selon lui, le potentiel dormant des EPE est grand et offre beaucoup de niches d’investissement entre les EPE. 

 


Saïd Smati


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