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Économie / Actualités

Ses actifs et filiales deviennent LA propriété du Trésor public

Quel avenir pour l’ETRHB ?

© D.R

Un remake du cas Tonic Emballage est à craindre “si le cas ETRHB n’est considéré que du seul point de vue social”, estime l’économiste Driss Reguieg Issaâd.

L’administrateur judiciaire désigné à la tête du groupe d’Ali Haddad a tranché dans le vif quant à l’avenir réservé à l’ETRHB. L’État a pris option pour la “nationalisation” du groupe et de ses filiales. Plus tôt cette semaine, Abdelhak Benallègue, administrateur judiciaire du groupe, a écrit dans un courrier interne, dont Liberté détient une copie, que l’ETRHB et ses filiales “sont devenues la propriété du Trésor public et que l’ensemble des décisions les concernant relève des prérogatives de l’État algérien”.

Sans pilote depuis 2019, suite à l’incarcération de son patron Ali Haddad, le groupe ETRHB passe sous pavillon public, en attendant sa “restructuration” et d’autres “changements” qui interviendront dans les prochains jours, écrit l’administrateur judiciaire dans son courrier. La décision de l’État de reprendre les actifs de l’ETRHB a surpris plus d’un, car, sur l’autre plateau de la balance, s’imposait jusqu’ici le scénario de la faillite ou d’une revente. La reprise des actifs de l’ETRHB Haddad par l’État vient combler une vacance de plusieurs mois à la tête du groupe. Du moins théoriquement pour le moment.

Cependant, les commentaires vont bon train sur l’avenir que réserve l’État au groupe d’Ali Haddad ; certains craignant un remake de l’affaire Tonic Emballage, reprise par l’État sans que cette entreprise soit totalement tirée de ses difficultés plusieurs années après sa récupération, d’autres y voyant un fardeau de plus pour le Trésor public, lequel participe continuellement au renflouement de plusieurs entreprises publiques à coups de centaines de milliards de dinars par an. Cette “nationalisation” risque par-dessus tout de se révéler coûteuse pour le Trésor public, appelé à sortir son chéquier afin de solder les comptes de l’ETRHB auprès des banques, des impôts, des organismes d’assurance, de garantie, etc.

Pour Driss Reguieg Issaâd, professeur à l’Université d'Oran 2, “toutes les nationalisations par essence sont coûteuses”. “Maintenant si elles s'accompagnent d'un véritable business plan et d'une stratégie de partenariat et d'un rééchelonnement des dettes, cette nationalisation aura le mérite de se hisser au rang d'investissement donc, on pourrait lui calculer son ROI, entendez Retour sur investissement, ses délais de récupération des investissements, etc.”, estime Driss Reguieg Issaâd, contacté par Liberté. Dans un contexte de tensions financières, où l’argent se raréfie et l’État fait face à une dette publique qui caracole à plus de 9 300 milliards de dinars, due, entre autres, aux multiples interventions au bénéfice des entreprises publiques, la reprise de l’ETRHB pourrait se révéler un sérieux fardeau pour le Trésor public.

“Des entreprises, voire des groupes publics tels que Cosider, pourraient intégrer les potentialités de l'ETRHB pour répondre efficacement aux exigences de mégaprojets en matière de BTP, ouvrages d'art, mines et gisements, infrastructures, etc. La commande publique est telle que des fournisseurs conventionnels, à eux seuls, ne pourraient honorer et respecter les échéances préétablies”, suggère l’économiste Driss Reguieg Issaâd.

L’impératif d’un business plan et d’un redéploiement stratégique du groupe et de ses filiales est vital pour sa survie. Pour Driss Reguieg Issaâd, un remake du cas Tonic Emballage est à craindre “si le cas ETRHB n’est considéré que du seul point de vue social”. Cependant, “si on s'accorde un temps pour réfléchir à des montages de types financiers, stratégiques..., l'ETRHB pourra vite redécoller”, estime notre interlocuteur.  

 


Ali Titouche


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