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Économie / Actualités

Selon une enquête de la Banque mondiale

Sévère impact de la Covid-19 sur les entreprises algériennes

© D.R

L’enquête Covepe Algérie, réalisée au cours de l’été 2020, traduit la gravité du choc de la Covid-19 sur les entreprises algériennes.

Le Groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec plusieurs institutions partenaires, a mené des enquêtes sur “le Pouls des entreprises Covid-19 (Covepe)” couvrant plus de 100 000 entreprises de 51 pays, dont l’Algérie, entre avril et août 2020, afin de mieux comprendre l’impact à court terme de la pandémie de Covid. L’enquête Covepe Algérie, réalisée au cours de l’été 2020, traduit la gravité du choc de la Covid-19 sur les entreprises algériennes. “Conduite conjointement avec le ministère de l’Industrie et des Mines, l’enquête Covepe a ciblé un échantillon représentatif de 431 entreprises (formelles) entre fin juillet et mi-août 2020”, précise la Banque mondiale, dans un bulletin de conjoncture, intitulé Accélérer le rythme des réformes pour protéger l’économie algérienne, publié récemment. 

Au moment de l’enquête, relève la Banque mondiale, “32% des entreprises étaient partiellement ou entièrement fermées, les entreprises du secteur de la construction et de l’industrie lourde, dans les zones industrielles, et les jeunes entreprises et entreprises à capitaux étrangers étant touchées de manière disproportionnée par les fermetures”. Environ 79% des entreprises ont connu une baisse de leurs ventes entre le deuxième trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2020, leurs ventes ayant reculé de 56% en moyenne. Outre la baisse de la demande, qui a affecté 74% des entreprises interrogées, 54% des entreprises algériennes étaient confrontées à des problèmes de réduction de la disponibilité des employés, 45% d’entre elles à des difficultés d’approvisionnement en intrants et 39% des entreprises souffraient d’une moindre disponibilité des services financiers.

Selon l’enquête, 52% des entreprises ont mis des employés en congé payé, conformément à la directive du gouvernement, tandis que 25% des entreprises ont mis des employés en congé sans solde, 17% des entreprises ont licencié des employés et 14% des entreprises ont réduit leurs salaires. L’enquête Covepe Algérie a indiqué que si les entreprises algériennes montraient des signes de résilience, elles étaient toutefois confrontées à une incertitude considérable quant à leurs perspectives de recettes à l’avenir.

“Alors que l’entreprise médiane s’attendait à pouvoir fonctionner pendant 20 semaines supplémentaires au moment de l’enquête, 47% des entreprises n’étaient pas en mesure d’indiquer pendant combien de temps elles seraient capables de résister à l’impact négatif du choc”, souligne-t-on. “Même si 62% des entreprises ont déclaré disposer de suffisamment de liquidités pour soutenir leurs opérations sur une période de trois mois, 15% des entreprises ont indiqué qu’elles ne seraient pas en mesure de poursuivre leurs activités pendant plus d’un mois”, ajoute l’enquête. 

Bien que le recours aux outils numériques reste limité en Algérie, l’enquête Covepe constate que les entreprises en ont fait un plus grand usage en réponse à la crise. Parmi les entreprises interrogées, 30% ont commencé à utiliser des outils numériques et 26% ont augmenté leur utilisation d’Internet, des réseaux sociaux, des applications spécialisées ou des plateformes numériques afin de soutenir leurs activités commerciales. Le principal objectif cité par les entreprisses qui se sont appuyées sur les outils numériques était d’augmenter les ventes (pour 31% des entreprises), de soutenir le marketing (pour 18% des entreprises) ou de soutenir leurs pratiques managériales (pour 17% des entreprises), alors que les outils numériques représentent 16% des ventes de ces entreprises.

En revanche, 44% des entreprises interrogées ont répondu qu’elles ne s’appuyaient sur aucune forme d’outils numériques pour soutenir leurs opérations commerciales. La Banque mondiale a fait remarquer qu’afin de soutenir les entreprises en difficulté pendant la pandémie de Covid-19, différents outils politiques ont été utilisés dans la région Mena. En Algérie, les principales mesures de politiques économiques se sont concentrées sur les reports d’impôt, ainsi que les instruments de politique monétaire.

Selon l’enquête Covepe, 40% des entreprises algériennes étaient en faveur des paiements différés sur les loyers et les factures d’énergie, tandis que 24% et 22% des entreprises étaient favorables à des réductions d’impôt et de cotisations sociales, respectivement. Les résultats de l’enquête font ressortir que 8% seulement des entreprises avaient reçu un soutien de l’État et que 59% des entreprises n’étaient pas au courant des politiques de soutien aux activités commerciales.

Pour rappel, en mai dernier un groupe de travail a été installé au niveau du ministère des Finances regroupant des représentants de départements ministériels d’activité économique. Ce groupe est chargé de réaliser un rapport sur l’impact généré par la pandémie la Covid-19 sur la situation économique et financière.

 


Meziane Rabhi


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