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editorial / ACTUALITÉS

Le nerf de la guerre


L’économie algérienne manque cruellement de sources de financements. La sphère réelle que constitue le modeste tissu national d’entreprises de production est en mal d’argent. Les caisses de l’État également. Faute, bien entendu, d’un baril de pétrole suffisamment cher pour nourrir commande publique, banques de la place et investissement privé. 

Le fait n’est pourtant pas si conjoncturel que cela, même si la tragédie de la Covid n’a pas manqué de mettre le monde économique à genoux. Dans le cas de l’Algérie, le problème est malheureusement d’abord et avant tout structurel, en ceci que l’économie nationale est restée incurablement tributaire des courbes capricieuses des prix du pétrole. Sans jamais se projeter réellement dans “l’après” ou “le moins de pétrole”. Aussi sévères et inédites soient-elles, les crises, comme celle vécue présentement, ne sont pourtant que des cycles épisodiques et naturels dans la vie des civilisations. Les grandes nations évoluent souvent par la crise. Un paradigme que l’Algérie ne réussit vraisemblablement pas à intégrer dans sa ligne d’évolution globale. 

Car même si elle est aggravée par les effets de la pandémie, la crise financière que connaît actuellement le pays remonte, faut-il se le rappeler, à bien avant la Covid-19. Plus de trois ans à arrière - fin 2017 - l’Algérie était déjà en manque d’argent suite à la chute des prix du pétrole et avait dû se précipiter à actionner maladroitement la planche à billets pour payer ses fonctionnaires et renflouer le Trésor et les banques. Depuis, les leçons de la crise ne semblent guère avoir été assimilées. L’État, ces banques et par conséquent les entreprises renouent à nouveau avec les cycles vicieux de la rareté financière.  

Face à la gravité de la crise en présence, l’Algérie est aujourd’hui véritablement en état de guerre économique pour tenter d’éviter le syndrome vénézuélien. Les financements manquent à l’économie nationale. Pourtant, en la circonstance, le nerf de la guerre n’est pas tellement l’argent, mais bien les compétences et le courage politique pour mener à bien d’indispensables réformes structurelles. Celles pouvant permettre au bout de libérer l’initiative, sortir de l’archaïsme bancaire et parvenir par la même à recanaliser l’argent qui dort et celui qui nourrit l’informel vers le financement de l’investissement.  


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