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editorial / ACTUALITÉS

Partenariat gagnant-perdant


La Chine a été le premier pays en dehors de la sphère arabe à reconnaître, en 1958, le Gouvernement provisoire de la République algérienne en lutte pour l’indépendance du pays. Le soutien politique et diplomatique, manifesté à la cause algérienne pendant toute la période de la Révolution, a constitué le soubassement à une amitié algéro-chinoise qui se poursuit de nos jours. Sauf que tout compte fait, les rapports bilatéraux sont aujourd’hui bien plus denses dans le domaine économique que politique. Les Chinois s’avèrent, en effet, bien plus pragmatiques et soucieux de leurs comptes, que des pompeuses relations fraternelles, en réalité convoquées juste pour masquer le déséquilibre criant dans la balance commerciale entre les deux pays. Une sorte d’arbre qui cacherait la forêt.

Mais, au final, cette dernière apparaît tellement imposante qu’il est difficile de ne pas la voir. En sus de s’imposer comme le principal fournisseur de l’Algérie ces dernières années, l’Empire du Milieu a su imprimer une dynamique exportatrice à sens unique. La preuve ? En dix ans, les exportations chinoises vers l’Algérie ont dépassé la barre des 76 milliards de dollars pendant que les exportations algériennes à destination de la Chine totalisent moins de 15 milliards de dollars.

L’écart est énorme. Il montre, surtout, à quel point les échanges entre les deux pays sont disproportionnés. Inéquitables. Et pis encore, l’anomalie ne se situe pas seulement à ce niveau. Il apparaît clairement que les Chinois, comme tous les autres partenaires étrangers, continuent de concevoir l’Algérie davantage comme un marché que comme un espace d’investissement. Durant les deux dernières décennies, la présence chinoise dans notre pays s’est limitée aux marchés de la commande publique portant sur de grands projets d’infrastructures (autoroute, bâtiment, grande mosquée d’Alger…). Et là, l’Empire du Milieu est gagnant sur toute la ligne. Et pour cause, la grande majorité de la main-d’œuvre employée dans ces chantiers vient de Chine.

Une fois le projet livré, l’entreprise prend ce qui lui est dû et plie bagage. Sans aucune plus-value. Les Chinois sont ainsi complètement absents dans les IDE. Ils préfèrent investir ailleurs. Quant à l’hypothétique transfert technologique espéré, il faut attendre et attendre longtemps. Mais ce n’est évidemment pas leur faute. Tant qu’ils opèrent en terrain conquis, ils ne se plaindront, évidemment, pas. Et, selon toute vraisemblance, ce n’est pas demain la veille que cela changera. 


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