Éditorial

Surenchère ramadhanesque

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Arab CHIH Publié 11 Avril 2021 à 23:21

Le phénomène n’a rien de nouveau et, chaque année, il vient compliquer un peu plus la vie, déjà bien difficile et morose, de la grande majorité des Algériens : avant chaque début de mois de jeûne, les prix de presque tous les aliments entrant dans nos habitudes culinaires prennent le mors aux dents pour atteindre des niveaux inabordables, pas seulement pour les petites bourses, mais aussi pour la classe moyenne gagnée, elle aussi, par la précarisation sociale. Et, comme il fallait s’y attendre, le Ramadhan de cette année n’a pas dérogé à la règle et presque les prix de tous les aliments (fruits, légumes, viandes, etc) ont connu une envolée. Les poches déjà bien vides, des smicards et autres travailleurs mal payés  seront, encore une fois, mis à rude épreuve et attendront de se faire plumer lors des prochaines fêtes religieuses. 

Particularité du Ramadhan qui s’annonce : la flambée des prix est précédée par des pénuries de certaines denrées comme l’huile de table et des envolées des prix de certains produits comme le poulet qui, il y a quelques semaines, a frôlé les 500 DA le kilo. Conjugué à la situation sanitaire et à la crise économique qui sévit depuis plusieurs années dans le pays, ce surenchérissement ne manquera pas d’alimenter davantage un mécontentement social déjà à son paroxysme et “promet” des lendemains qui déchantent. 

Certains moralisateurs n’hésiteront pas à tailler en pièces les commerçants qui fouleraient aux pieds les préceptes de l’Islam. D’autres pointeront du doigt l’incivisme de l’Algérien qui achète plus qu’il n’a besoin, provoquant, du coup, pénuries et autres envolées des prix. Des arguties toutes trouvées car les vrais problèmes sont ailleurs. Il y a d’abord l’implacable loi de l’offre et de la demande qui, dans un contexte de rareté, impose sa logique froide : quand un produit est trop demandé, son prix s’envole presque mécaniquement. Ensuite, l’État régulateur est comme absent. Cela fait des années, voire des décennies, que le problème de l’augmentation des prix à chaque arrivée du mois de jeûne se pose et, à ce jour, on n’a pas pu le juguler. 

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette affaire, et les Algériens ne peuvent que s’interroger sur ce que fait vraiment l’État qui, fort pourtant de sa violence légitime, peut bien mettre un terme aux comportements spéculatifs pour peu qu’il réussisse à assurer la disponibilité et en quantité suffisante des produits faisant l’objet de surenchère sur le marché. C’est son rôle. Son devoir, même. 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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