Éditorial

Un violeur ne vient jamais seul

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Kamel DAOUD Publié 22 Mai 2021 à 00:11

Les  tueurs  et  violeurs  de femmes  en  Algérie  ne  “tombent”  pas du ciel. Quand on encourage des TV poubelles islamistes, les fatwas féodales des chouyoukh, les  campagnes médiatiques “tu  es  un homme si tu voiles tes femmes”.
Quand on accepte des bulletins  de vote  avec  des femmes fantômes et sans visages, quand un imam dans une mosquée payé par l’État annonce, le jour de l’Aïd dans ses prêches, l’enfer pour les  femmes  parfumées, et qu’on juge pour islamophobie le premier qui évoque nos misères sexuelles et nos violences.
Quand on refuse de condamner le harcèlement des femmes non voilées et qu’on les traite comme des prostituées en puissance.
Quand dans une banque islamique qui active en Algérie les femmes non voilées sont refusées au recrutement, volontairement et sur consignes strictes, alors nous fabriquons, au bout de la machine du consentement, des violeurs à Sétif, à Bordj Badji-Mokhtar, à Oran ou à Béjaïa.
Nous apprenons à nos enfants que la femme est la moitié d’un être, sa nudité est la source de nos malheurs, sa mentalité est celle d’un esclave qu’il faut frapper pour l’éduquer.
Nous inculquons  à  nos  enfants qu’aimer c’est se prostituer et être élégantes et libres c’est empêcher la pluie, provoquer des séismes, détruire une nation, insulter Dieu.
Nos garçons deviendront des violeurs, petit à petit et nos filles deviendront des violées. Des violeurs avec le sexe, les yeux, les mains, la langue, un bâton, un décret, une discrimination, une insulte, une prière.
Un viol collectif contre des femmes isolées cela se prépare. Il faut la moitié d’un peuple consentant, des effaceurs de traces, des complices, des juges, des gardiens, des imams, des intellectuels, des instigateurs, des lois, des justificateurs et des millions de voyeurs. Un violeur ne vient jamais seul. Du moins dans sa tête. Il est missionné par une culture. 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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