L’International UNE CONSULTATION EN LIGNE DE KAÏS SAÏED L’A PLÉBISCITÉ

Vers un retour au régime présidentiel en Tunisie

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Lyes MENACER Publié 02 Avril 2022 à 12:00

Le président Saïed, la Première ministre Najla Bouden, et le ministre des Technologies, Nizar Ben Néji, le 31 mars 2022. © D. R.
Le président Saïed, la Première ministre Najla Bouden, et le ministre des Technologies, Nizar Ben Néji, le 31 mars 2022. © D. R.

Les  réponses  recueillies  serviront  de  base  à   une  commission  d'experts  chargée d'élaborer des réformes politiques qui seront soumises, en juillet, à un référendum sur une nouvelle Constitution, avant des élections législatives prévues en décembre.

La Tunisie va-t-elle faire ce bond en arrière en revenant au régime présidentiel, à l’origine de la dictature du défunt Zine El-Abidine Ben Ali durant trois décennies ? Les résultats de la consultation en ligne que le président Kaïs Saïed a organisée – bien que largement boycottée – plaide pour cette périlleuse option, qui va balayer dix ans d’espoir de voir instaurer dans ce pays une véritable démocratie.

En effet, 86,4% des participants à cette consultation, qui a eu lieu du 15 janvier au 20 mars, ont opté pour un régime présidentiel que M. Saïed appelle de ses vœux, et 70,7% ont émis une préférence pour le mode de scrutin nominatif aux élections législatives pour remplacer le système actuel par liste.

Après la révolution du Jasmin de fin 2010, les Tunisiens avaient opté pour un mode de gouvernance hybride, où le Parlement dispose d’importantes prérogatives, dont le vote pour le gouvernement présenté par le Premier ministre.

Pour rappel, les résultats de cette consultation ont été présentés à M. Saïed jeudi soir, lors d'une réunion à laquelle ont participé la Première ministre, Najla Bouden, et le ministre des Technologies, Nizar Ben Néji, selon une vidéo postée vendredi par la Présidence.

La tenue de cette consultation faisait partie d'une feuille de route présentée par M. Saïed en décembre pour mettre fin à la crise dans le pays, après s'être arrogé les pleins pouvoirs en juillet en limogeant le gouvernement et en suspendant le Parlement, qu'il a finalement dissous mercredi.

Les activités de l’Assemblée nationale tunisienne avaient été gelées par M. Saïed le 25 juillet 2021, lorsqu’il a décidé parallèlement de renvoyer le Premier ministre de l’époque, Hichem Mechichi, ainsi que l’ensemble de son gouvernement.  Cette décision était internevenue après six mois de crise et de blocage politique dans le pays, dont s’était rendu coupable le Parlement dominé par le parti islamiste Ennahdha et son leader, Rached Ghannouchi.

Ce dernier a dénoncé la dissolution de l’Assemblée qu’il présidait, lors d’une intervention sur la chaîne qatarie Al-Jazeera. “Nous refusons la dissolution de l’ARP”, a-t-il déclaré, affirmant que 30 députés ont été convoqués par les services de sécurité.

Âgé de 81 ans, Rached Ghannouchi est également convoqué par la justice pour de graves accusations de “complot contre la sûreté de l’État”. Avec les autres députés, M. Ghannouchi est convoqué pour être interrogé sur “la tenue d'une plénière mercredi”, a indiqué hier à l'AFP Imed Khemiri, député et porte-parole d'Ennahdha. La justice l'accuse d’“avoir comploté contre la sûreté de l'État, ce qui est un précédent dangereux”, a ajouté M. Khemiri, lui aussi convoqué pour les mêmes raisons.

Pour rappel, M. Saïed répète à l'envi que la Constitution actuelle, qui a instauré en 2014 un système hybride plutôt parlementaire, est dysfonctionnelle car source de conflits entre les parlementaires et l'exécutif. Dans une apparente tentative d'expliquer la faible participation, M. Saïed a affirmé, lors de la réunion, que la plateforme électronique avait été visée par des milliers de cyberattaques menées par ses détracteurs. “Ils craignent l'expression de la volonté des Tunisiens”, a-t-il assuré.

Les réponses recueillies serviront de base à une commission d'experts chargée d'élaborer des réformes politiques qui seront soumises, en juillet, à un référendum sur une nouvelle Constitution, avant des élections législatives prévues en décembre.

Lyès MENACER/Agences

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