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editorial / ACTUALITÉS

Signes avant-coureurs


Le grognement est encore sourd, mais il témoigne sans doute du grand malaise social qui touche de larges pans de la population. Depuis quelques jours, même circonscrits à quelques secteurs et à des catégories professionnelles, des fonctionnaires et des employés n’hésitent pas à protester, en dépit des contraintes liées au protocole sanitaire, pour crier leur désarroi face à un quotidien de plus en plus pesant. Déjà éprouvés pour certains par la crise économique et la chute drastique du pouvoir d’achat bien avant l’arrivée de la pandémie, leur situation s’est précarisée davantage depuis quelques mois, jetant dans le dénuement des familles entières. 

Comme celles de ces contractuels relevant de la DAIS (Dispositif d’activité d’insertion sociale) qui perçoivent le modique salaire de 5 000 DA et dont certains ont tenu à le rappeler aux autorités à l’occasion d’un sit-in tenu avant-hier devant le ministère de la Solidarité, et dont son ex-titulaire, soit dit en passant, croupit en prison pour des affaires de corruption. Cette précarisation aggravée par la pandémie, au-delà du fait qu’elle traduit de façon éclatante les ratés de la gestion de cette crise sanitaire par les autorités, confirme aussi la crise structurelle de gouvernance qui dure maintenant depuis plusieurs années.

Une mauvaise gouvernance consubstantielle à la grave crise politique qui secoue le pays. D’où cette incapacité systémique et récurrente à apporter des réponses aux multiples problèmes que pose le citoyen et qui se posent au pays. S’il faut sans doute se garder des conclusions hâtives, ce retour à la contestation, dans un contexte d’immobilisme et d’absence de visibilité politique, conjuguée aux tâtonnements, voire à une espèce de valse-hésitation, qui caractérise la démarche de l’Exécutif dont des membres sont critiqués ouvertement par le chef de l’État, laisse à penser que la période de grâce est désormais consommée.

Et qu’une amplification de la fronde sociale pouvant toucher d’autres secteurs n’est pas à exclure, d’autant que les problèmes posés par le mouvement populaire, particulièrement politiques, n’ont pas encore connu un début de réponse quoi qu’en disent certains. Un mouvement dont il serait hasardeux de décréter qu’il a dit son dernier mot. Seules des révisions déchirantes et une grande volonté politique sont à même d’enclencher un processus de nature à rétablir la confiance nécessaire à toute entreprise de redressement national. 

 


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