L’Actualité Il est exclu avec le RND, TAJ et le MPA des consultations politiques

FLN, la disgrâce ?

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Ali BOUKHLEF Publié 17 Février 2021 à 00:47

© D. R.
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Alors qu’il semble maintenir sa “feuille de route” en mettant le cap sur les élections législatives, théoriquement attendues pour juin prochain, le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a repris, dès son retour d’Allemagne, les consultations politiques avec les partis. Jusque-là, il a reçu six partis politiques issus pour la plupart de l’opposition. Mais les partis du pouvoir, notamment le FLN et le RND, en sont exclus.

Ce  n’est  pas  la  première  fois  que  le  chef  de  l’État  mène  des consultations politiques. Depuis son accession au  pouvoir en décembre 2019, il  a  reçu à maintes reprises, plusieurs formations politiques et des personnalités. Mais ni le parti du Front de libération nationale (FLN), ni le Rassemblement national démocratique (RND) et encore moins TAJ ou le MPA, n’ont été conviés à ces concertations. C’est à croire qu’ils sont bannis.

Ces formations, qui ont constitué  la  base  sociale  et  politique  du  pourvoir d’Abdelaziz Bouteflika, sont comme descendues de leur piédestal. Des cimes du pouvoir o ù  elles  ont  investi  nombre  d’institutions,  elles  sont  presque devenues infréquentables, une espèce de “parias” d’un système qui pourtant a  démontré  à  maintes  reprises  qu’il  n’a  pas  coutume  d’abandonner  ses serviteurs.

Il faut dire que même s’ils n’ont jamais quitté les rouages  du  pouvoir, ces partis ont été mis en veilleuse depuis le début du mouvement populaire en février 2019. Le FLN et le RND furent, en effet, des cibles privilégiées des manifestants qui ont attaqué certains de leurs bureaux  et  empêché leurs cadres de participer aux manifestations. 

Durant tous les mois qui ont suivi le début des manifestations, des dirigeants de ces partis, associés, à tort ou à raison, à la  corruption  et  aux  pratiques maffieuses en vogue durant les quatre  mandats  d’Abdelaziz Bouteflika, se sont éclipsés.  Un effacement probablement tactique pour rebondir dès que la situation le permettrait. 

C’est ainsi que les premières tentatives de revenir sur la scène ont commencé avec l’annonce de la tenue de l’élection présidentielle. Alors que le RND avait soutenu, à contrecœur, son secrétaire général  par  intérim  Azedine Mihoubi, candidat à la magistrature suprême, le FLN avait, lui, surpris tout le monde en tournant le dos à un “candidat de la famille”.

En  effet, ses  instances  ne  s’étaient  pas  prononcées, mais  le  secrétaire général de l’époque, Ali Seddiki, avait porté son  dévolu  sur le “candidat du RND” au détriment du membre du Comité central de son parti, Abdelmadjid Tebboune.

Une fois arrivé à la magistrature suprême, Abdelmadjid Tebboune, interpellé sur cette incartade de son parti, tentera d’éluder la question en affirmant qu’“il est Président de  tous  les  Algériens”.  Mais  le  choix  du  plus  vieux  parti a certainement laissé des stigmates. Et Tebboune ne  l’a sans doute pas oublié.

Éclaboussés par l’emprisonnement de certains de leurs dirigeants pour des affaires de corruption, rejetés par la rue et  visiblement  indésirables  chez le nouveau pouvoir, ces partis, après la bérézina de la Présidentielle, puis celle de la Constitution pour laquelle ils ont fait campagne, ces partis ne semblent pas s’avouer vaincus et tentent de revenir sur la scène.

C’est ainsi qu’ils n’ont pas cessé de multiplier les appels du pied au nouveau pouvoir en déclarant leur inconditionnel soutien au  chef   de  l’État.  Avec la bénédiction  de  l’administration, le  RND, le  FLN  et, plus tard, TAJ  ont pu organiser des rencontres qui ont permis l’émergence de nouveaux dirigeants. 

Au mépris des mesures sanitaires imposées au reste des Algériens, ces partis ont  obtenu  des  autorisations  de  l’administration  alors  que  les  partis  de l’opposition ont été obligés de tenir des sessions de leurs instances dans leurs sièges respectifs.

Un traitement de faveur qui a poussé une partie de l’opinion publique à penser à une réhabilitation de partis qui ont symbolisé le système honni de Bouteflika. Il  reste  que  malgré  cette  apparente  mise  à  l’écart,  ces  partis  du  régime Bouteflika ne donnent pas l’impression d’avoir abandonné la partie.

Beaucoup de partis politiques et de personnalités soupçonnent le pouvoir de leur préparer le terrain pour un retour lors des prochaines élections locales et législatives : le projet de la nouvelle loi  électorale exige, en  effet, pour toute liste  électorale  de  prouver  un  score  d’au  moins  4%  lors  des  dernières élections pour prétendre à un nouveau mandat. Or, le RND et le FLN sont les seuls à avoir dépassé ce taux lors des dernières élections qui ne se sont pas déroulées dans des conditions démocratiques.
 

Ali BOUKHLEF

 

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