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Le doyen Lakhdar Ghariane tire la sonnette d’alarme

“La faculté de médecine d’Alger menace de s’effondrer”

© D.R

Lors de la cérémonie de l’inauguration, jeudi, de la faculté de pharmacie, une première en Algérie, le doyen de la faculté de médecine a lancé un appel de détresse sur l’état de son établissement qui, dit-il, risque de tomber en ruine.

C’est un véritable pavé dans la mare. Le doyen de la faculté de médecine a déclaré que son établissement, sur les hauteurs d’Alger, à Ben Aknoun, menace de s’effondrer, en raison de l’eau qui se serait infiltrée dans toutes ses structures et ses fondations. Intervenant, jeudi, lors de la cérémonie de l’inauguration de la faculté de pharmacie, une première en Algérie, le doyen de la faculté de médecine, Lakhdar Ghariane, s’est alarmé de l’état de son établissement menacé de tomber en ruine “dans moins de dix ans” si des travaux ne sont pas entrepris en toute urgence. 

Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux et la page Facebook de la faculté de médecine d’Alger, Lakhdar Ghariane a affirmé avoir longtemps réfléchi avant de parler de ce danger qui guetterait l’établissement, avec toutes les conséquences que cela peut provoquer sur la vie même des milliers d’étudiants qui fréquentent la faculté, qui accueille quotidiennement une dizaine de millier d’étudiants. “Je me suis longtemps posé la question avant de m’exprimer sur ce sujet. J’ai finalement décidé de me jeter à ‘l’eau’ pour en parler. (…) La situation est grave. Nous avons les pieds dans l’eau. Nous vivons une situation, pour le moins, paradoxale : pas d’eau dans les robinets, et beaucoup d’eau au niveau de nos structures et fondations”, s’alarme Lakhdar Ghariane. 

Sur quelle base ou expertise le premier responsable de la faculté de médecine a-t-il fait cette déclaration pour le moins invraisemblable ? Dans sa prise de parole, Ghariane Lakhdar s’appuie sur l’avis d’un haut gradé militaire. Selon ce dernier, l’établissement menace de s’effondrer “dans moins de dix ans”, si des travaux ne sont pas effectués en toute urgence. “J’ai profité du passage d’un haut gradé militaire, chargé des infrastructures dans la région du grand Alger, pour lui demander de me donner son avis sur la situation architecturale de cette structure. Nous avons effectué une courte visite et le diagnostic qu’il m’a fait m’a donné froid dans le dos, pour ne pas dire m’a glacé. Que m’a-t-il dit ? Monsieur le doyen, m’a-t-il affirmé, si vous n’entreprenez pas immédiatement des travaux pour corriger les anomalies existantes, dans moins de 10 ans, cette structure va s’effondrer”, lâche, devant plusieurs ministres et plusieurs personnalités universitaires, le doyen de la faculté de médecine.

À la fin de son intervention, Lakhdar Ghariane a tenu à lancer un appel aux pouvoirs publics pour intervenir “le plus rapidement possible”. “Je lance un appel solennel aux pouvoirs publics pour nous aider à trouver des solutions à cette situation angoissante et difficile à vivre, en particulier pour les étudiants, une dizaine de milliers, qu’on accueille quotidiennement. Les actions à entreprendre sont urgentes”, a-t-il dit. Les déclarations tonitruantes de Lakhdar Ghariane, si elles sont de nature à inquiéter sérieusement sur l’état de “santé” de cet établissement, n’en ont pas moins surpris nombre de présents à la cérémonie d’inauguration de la nouvelle faculté de pharmacie. Le recteur de l’université d’Alger, Abdelhakim Bentellis, n’a pas caché son étonnement devant les propos du doyen de la faculté de médecine. Pour lui, ni le lieu ni le moment ne se prêtaient pour ces déclarations “infondées”, selon lui. 

Joint hier au téléphone, le recteur de l’université d’Alger ne juge pas la situation aussi alarmante et rien ne “prête, dit-il, à l’inquiétude”. “Nous avons eu des pluies torrentielles qui ont affecté la faculté de médecine. Il y a eu des infiltrations d’eau au niveau du parking souterrain. Ce sont des choses qui arrivent. Tout Alger a connu des remontées d’eau”, a affirmé le recteur de l’université d’Alger, ajoutant que le doyen de la faculté de médecine “est responsable de ses déclarations”. “Je ne sais pas ce qui motive ses déclarations. Je lui ai demandé le jour même (jeudi, ndlr) des explications.

Il n’a pas été capable de me répondre. Je vais devoir prendre les dispositions qui s’imposent”, a fait encore savoir le recteur de l’université d’Alger, précisant avoir pris, personnellement, toutes les dispositions “depuis deux ans” avec les services de la wilaya et la direction de l’entreprise Cosider (réalisatrice de la faculté, ndlr) “pour trouver une solution à ces remontées d’eau à chaque fois qu’il pleut”.

 

 

Karim Benamar


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