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LA PROVOCATION DE TROP DE LA DIPLOMATIE MAROCAINE CONTRE L’ALGÉRIE

Le dérapage !

© D. R.

En appelant les  membres  de  l’organisation  des  pays  non alignés à soutenir l’“autodétermination du peuple kabyle”, le Maroc a franchi le pas.   Aussi  grave  qu’irresponsable,  le  geste   de  son  représentant permanent à l’ONU est une provocation de trop qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la stabilité de la région.

Ingérence. Le royaume chérifien du Maroc vient de franchir un nouveau cap dans son offensive contre l’Algérie. En appelant au soutien d’un prétendu droit à l’autodétermination du peuple kabyle, Rabat joue sur un terrain clairement dangereux. Ce n’est ni plus ni moins qu’un appel à la sédition dans un pays tiers et de surcroît voisin avec lequel elle a l’histoire, les langues, la religion en partage.

En déclarant ouvertement que le “peuple kabyle” subirait la plus “longue colonisation”, le Maroc, via son représentant officiel à l’ONU, commet un précédent grave qui ne manquera pas, sans doute, d’avoir de lourdes conséquences. Ce représentant officiel du royaume chérifien à l’organisation onusienne a adressé, en effet, une note, somme toute stupéfiante, aux membres de l’organisation des pays non alignés les invitant à soutenir une prétendue autodétermination du peuple kabyle.

“Le ministre algérien, qui se dresse en fervent défenseur du droit à l’autodétermination, refuse ce même droit universel au peuple kabyle, l’un des peuples les plus anciens d'Afrique, qui subit la plus longue occupation étrangère. L’autodétermination n’est pas un principe à la carte. C’est pourquoi le vaillant peuple kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination”, lit-on dans le document du représentant officiel du gouvernement marocain et distribué aux membres de l’organisation des pays des non-alignés.

Que cherche le Maroc à travers cette nouvelle escalade ? À quelles fins ? Il faut dire que Rabat n’en est pas à sa première attaque contre l’Algérie. Depuis 1994, date à laquelle il avait accusé les services algériens d’avoir fomenté un attentat à Marrakech, avec comme conséquence la fermeture des frontières, le Maroc n’a pas cessé de s’attaquer épisodiquement à l’Algérie. Mais aux yeux des observateurs, le conflit du Sahara occidental semble, encore une fois, motiver cette sortie surprenante.

“Le Maroc qui a toujours nourri une hostilité claire et assumée contre l’Algérie a franchi un nouveau palier dans son escalade. En déplaçant sa rivalité avec l’Algérie sur un terrain identitaire, même si la question amazighe se pose également chez lui, Rabat commet un dérapage sans précédent aux conséquences extrêmement dangereuses”, estime le politologue Cherif Driss, contacté par téléphone.

Pour lui, le Maroc vise, à travers cette surenchère, à bilatéraliser la question du Sahara occidental, avec l’espoir de voir l’Algérie retirer son soutien au Front Polisario. “Cela fait partie de la surenchère et de la bataille diplomatique menée par le Maroc contre l’Algérie. Il veut amener l’Algérie à négocier sur la question du Sahara occidental. C’est la principale préoccupation du Maroc. Rabat cherche à isoler l’Algérie et l’amener à des négociations directes sur cette question”, analyse encore Chérif Driss.

Dans cette manœuvre, il est clair que le Maroc profite d’un contexte qu’il pense favorable à son action belliqueuse contre l’Algérie. Et le timing est loin d’être fortuit. Cette escalade intervient, faut-il sans doute le relever, après la normalisation de ses relations avec Israël, ensuite, la reconnaissance par les États-Unis de la marocanité du Sahara occidental, évolutions qui semblent avoir fait pousser des ailes à Rabat à telle enseigne qu’il s’abîme dans des dérapages dangereux.

“La normalisation avec Israël, la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara occidental mais encore le rapprochement de plus en plus prononcé avec les monarchies arabes confortent en effet Rabat dans ses certitudes. Le royaume chérifien met à profit cette nouvelle configuration et se montre de plus en plus hostile à l’Algérie”, affirme Cherif Driss. Mais au-delà et avec cette escalade, c’est le rêve d’une hypothétique construction maghrébine qui est sérieusement compromise pour encore longtemps. 
 

Karim BENAMAR

 

 


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