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Le FFS dit non

© Archives/Liberté

Au bout de deux jours de chauds débats, le plus vieux parti d’opposition, dont la position vis-à-vis des législatives était attendue par les observateurs, a mis fin au suspense en décidant de ne pas prendre part au prochain scrutin. Une décision qui pèsera de tout son poids sur la suite des événements.

Le Front des forces socialistes a mis fin au suspense. Après un conseil national extraordinaire, houleux, le parti a décidé de ne pas participer aux élections législatives du 12 juin prochain, annonce une résolution politique rendue publique en début de soirée. La décision a été prise par consensus.

Selon le communiqué du parti, “les conditions des élections législatives ne sont pas réunies” actuellement. Par conséquent, “le FFS ne participera pas à cette élection”, a indiqué le parti dans sa résolution finale. Comme lors des dernières déclarations de ses dirigeants, le parti de Hocine Aït Ahmed rappelle que “dans les conditions actuelles, les élections ne constituent pas une solution à la crise actuelle que traverse le pays”. Il rappelle son exigence d’aller vers “un dialogue national inclusif”. Déjà dans l’allocution d’ouverture du conseil national qui s’est tenu à Sidi Fredj, le membre de l’instance présidentielle, Hakim Belahcel, a donné le ton. “(…) Le FFS et sa base militante ne serviront pas d’escabeau à tous ceux qui ont été à l’origine de la tragédie nationale”, a prédit le dirigeant qui a focalisé les critiques depuis sa récente rencontre avec le chef de l’État.

La décision d’aller ou non au scrutin législatif a failli, une nouvelle fois, diviser le FFS qui commence à peine à colmater les brèches de plusieurs mois de division. Jusqu’à vendredi soir, deux tendances s’affrontaient. L’une, représentée par une partie de la direction, voulait à tout prix participer à l’élection sous le prétexte de sauver l’État de l’effondrement et surtout de créer un front interne solide contre des “menaces internes et externes”. Mais cette tendance au sein du FFS a été contrebalancée par une autre, plus radicale, qui rejette toute participation au scrutin. Puis, dans la nuit de vendredi et alors que les militants du parti débattaient encore autour de la pré-convention nationale, Jugurtha Aït Ahmed, le fils du zaïm historique, a publié un post sur sa page facebook pour annoncer son refus de voir le parti “participer à des élections du pouvoir” tout en se disant hostile aux discours “populistes et nihilistes”. Mieux encore, hier, dans la matinée, des militants se sont rassemblés devant le siège du parti, à Alger, pour exprimer leur rejet de voir le FFS participer au scrutin de juin.

Cette intrusion de Jugurtha Aït Ahmed, qui n’a aucune fonction organique mais qui dispose d’une aura auprès des militants, a fini par convaincre les plus hésitants à se ranger derrière les opposants à la participation au scrutin législatif. Il restait alors une carte pour les dirigeants qui voulaient entraîner le parti dans l’“aventure” électorale : choisir l’option du “vote à bulletin secret”. Mais à l’ouverture des travaux du conseil national extraordinaire, la plupart des participants ont exprimé leur rejet d’une telle option. “Cela ne fait pas partie des traditions du FFS qui a l’habitude de voter à main levée”, indiquent plusieurs membres du Conseil national. Une manière de ne pas laisser ceux qui étaient tentés de voter en faveur de la participation de rester dans le confort de l’anonymat.

Selon des membres présents, les débats ont été “sereins”, malgré la colère de certains. De rares intervenants ont proposé le report de l’élection. Mais “la majorité écrasante a exprimé le refus de voir le parti participer à l’élection dans la situation actuelle”, témoigne un participant. C’est cette tendance qui a poussé les responsables du FFS à éviter de voter sur la décision finale. Ils ont choisi d’adopter leur décision à l’unanimité pour éviter de nouvelles divisions.

Ali Boukhlef


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