L’Actualité Kitouni Hosni, historien

“Le passé colonial s’avère plus problématique pour la France que pour l'Algérie”

  • Placeholder

Karim BENAMAR Publié 20 Janvier 2021 à 22:13

“La déclaration de l’Élysée aujourd’hui est dans la logique des choses, elle ne peut surprendre quand on sait ce que représente la colonisation dans l’histoire de la France. Depuis 1830, elle est au cœur de la construction de l’État-nation français, les conquêtes coloniales ont nourri son roman national.

Ses rues, ses musées, ses bibliothèques, ses universités, ses commémorations illustrent la démesure de la place de la colonisation dans sa mémoire collective. Si on ajoute à cela l’existence de plusieurs millions de Français descendants de parents attachés aux colonies, pour qui la décolonisation fut une tragédie, on comprend dès lors combien il est quasiment impossible pour tout pouvoir politique de prendre le risque d’aller à contre-courant de la tendance majoritaire de l’opinion publique. Au moment où se jouent des élections difficiles en France, je ne vois pas comment le président Emmanuel Macron ou un autre pourrait mécontenter une partie de l’opinion sans, du même coup, le payer politiquement.

La question du passé colonial s’avère ainsi infiniment plus problématique pour la France que pour l’Algérie. Oui, que faire d’un passé aussi chargé de crimes quand on prétend être la patrie des droits de l’Homme ? Ceux qui, en Algérie, ont misé sur une audace ou une concession de M. Macron sur cette question sont maintenant instruits. Jamais la France officielle n’acceptera, si elle n’y est pas forcée, de faire ses excuses ou sa repentance sur son passé colonial. Cela a l’avantage de clarifier les choses. Que vont faire maintenant ceux qui avaient misé sur un ‘cadeau’ de M. Macron ? Vont-ils continuer à exiger ce qu’ils savent ne pas obtenir, mais le faire quand même pour leurrer l’opinion ? Ou bien prendre la mesure de leur échec et voir comment sortir de ce jeu malsain qui consiste à utiliser la question de l’histoire et de la mémoire à des fins de politique politicienne.

La question du passé colonial n’est pas seulement une affaire franco-algérienne, elle est surtout algéro-algérienne : en ce sens qu’elle nous interpelle sur plusieurs plans : l’écriture de l’histoire de la colonisation de manière objective et documentée pour enseigner à nos enfants combien la colonisation fut une abjection absolue et pourquoi la liberté et la souveraineté pour un peuple sont les biens le plus précieux.”

Propos recueillis par Karim BENAMAR

 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

    • Placeholder

    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

    • Placeholder

    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

Les plus lus

(*) Période 360 derniers jours

  1. CNR Revalorisation des pensions de retraite

  2. Déclaration d’Issad Rebrab

  3. Louisa Hanoune adresse une lettre ouverte à Issad Rebrab au sujet de Liberté Ne brisez pas cet espoir 

  4. Le sud pleure son porte-voix

  5. FAUTE DE COUFFIN FAMILIAL Voilà de quoi se nourrit Khalida Toumi en prison

  6. MARCHÉ OFFICIEL DES CHANGES Le dinar poursuit sa chute