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ÉLECTIONS LOCALES ANTICIPÉES DU 27 NOVEMBRE

Le RCD dit non

© Archives Liberté

Réunis hier en session ordinaire, les membres du conseil national du RCD  ont  décidé  de  boycotter  les  prochaines  élections  locales. Constatant que “l’action pacifique de l’opposition, l’expression libre et la divergence d’opinion sont stigmatisées, réprimées et, dans certains cas, criminalisées”, le président du parti, Mohcine Belabbas, a estimé que “les conditions de l’exercice politique sont désormais inexistantes”.

Jusqu’à il y a quelques jours, le doute planait encore sur la décision qu’aura à prendre le parti quant à la prochaine échéance électorale. Mais la dégradation de la situation politique, marquée par la fermeture du champ politico-médiatique et les arrestations tous azimuts qui touchent de nombreux activistes, militants et journalistes, semblent avoir pesé dans le choix du RCD d’opter pour le boycott du prochain rendez-vous électoral. 

D’ailleurs, dès l’entame des travaux du conseil national de son parti, tenus hier à Alger, Mohcine Belabbas a donné le ton. Il a, en effet, estimé que la tenue de l’élection locale anticipée du 27 novembre prochain était “illégale”.  S’il dit refuser d’influencer les membres du conseil national, “un organe souverain”, Mohcine Belabbas ne manque, cependant, pas de dresser un tableau peu reluisant de la situation socioéconomique, laquelle ne plaide pas pour la participation au scrutin de novembre.

Il estime, dans ce sens, que la promulgation du code électoral s’est faite en violation “de la Constitution” qui stipule, dans son article 142, que “le président de la République soumet les ordonnances qu’il a prises à l’approbation de chacune des Chambres du Parlement au début de sa prochaine session. Sont caduques les ordonnances non adoptées par le Parlement”. 

Or, le code électoral n’a toujours pas reçu l’aval du Parlement. Il s’agit, poursuit le président du RCD, “d’un abus de position et d’une atteinte caractérisée à une règle fondamentale édictée par la Constitution du pays, et qui a ainsi détruit le fondement de l’autorité de l’État”. Outre cet argument juridique, Mohcine Belabbas soutient que l’organisation de ce scrutin, en pleine crise sanitaire, constitue un danger pour la population. Il accuse le pouvoir de “jouer à la roulette russe avec la santé des Algériens”. 

Il justifie cette tirade par l’annonce d’une “quatrième vague” dans “une conjoncture où le taux de vaccination est l’un des plus faibles au monde”. Lors d’un point de presse organisé en marge des travaux du conseil national, le président du RCD a également accusé le pouvoir de “n’avoir pas respecté” les “exigences de compétition électorale”. “Sous d’autres cieux, on connaît la date des élections plusieurs mois à l’avance. Ici, le pouvoir officiel a annoncé la date du scrutin le jour de la convocation du corps électoral, alors qu’il n’y a aucune urgence, puisqu’il peut attendre la fin du mandat actuel”, observe-t-il.

Dans le même contexte, il accuse le pouvoir d’étouffer toute voix opposante. Partant du constat que “l’action pacifique de l’opposition, l’expression libre et la divergence d’opinion sont stigmatisées, réprimées et dans certains cas criminalisées” et que “les espaces de débats sont totalement fermés”, Mohcine Belabbas estime que “les conditions de l’exercice politique sont désormais inexistantes”. 

Illustration de cette situation : les acteurs politiques et responsables de partis qui “sont jetés dans les prisons pour des accusations fallacieuses et sans aucune forme de procès” et qui “purgent des peines durant des mois, voire des années pour certains d’entre eux”. Allusion à la gestion par l’Exécutif des derniers événements qui ont secoué le pays, dont les incendies, la crise d’oxygène médical et autres pénuries, le RCD a accusé le pouvoir de “convoquer les haines, les divisions et les discriminations qu’il a lui-même instillées dans la société” pour “justifier ou camoufler ses échecs”. 

Pour le président du RCD, “le régime a délibérément emprunté le même chemin suivi depuis l'indépendance, mais cette fois à rebours, puisque tous les acquis de l’après-parti unique sont en train d’être remis en cause”.Sur un autre registre, Mohcine Belabbas considère le plan d’action du gouvernement comme “une pâle copie des plans d’action des gouvernements précédents, avec le recours à la planche à billets qui n’est plus assumé”.

Tout comme il rappelle, à propos de la réorganisation de l’État annoncée par le Premier ministre, une perspective qui emprunte aux propositions du parti, que “la refondation de l’État est plus que jamais une urgence nationale”. “Mais elle implique avant tout un débat et de la transparence”, insiste-t-il.

Par ailleurs, Mohcine Belabbas a annoncé la tenue du congrès du RCD le premier semestre de l’an prochain. Un rendez-vous durant lequel, il passera le flambeau, puisqu’il a annoncé, lors d’une précédente sortie, qu’il n’allait pas briguer un nouveau mandat à la tête du parti.
 

Ali BOUKHLEF


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