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Le ministre du Travail, El-Hachemi Djaâboub, a critiqué sévèrement Noureddine Bedoui

“L’intégration professionnelle de 365 000 jeunes est utopique”

© D. R.

“Intégrer plus de 365 000 jeunes dans des emplois permanents, en trois années, 2019, 2020 et 2021, tel que promis par l’ancien Premier ministre, Noureddine Bedoui, est une  mission  impossible.  C’est  une  promesse utopique”.

C’est ce qu’a déclaré hier le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale,  El-Hachemi  Djaâboub,  critiquant, à  ce  propos, les  engagements farfelus et irréalisables de l’ex-Premier ministre. 

Si  El-Hachemi  Djaâboub  a  porté  une  critique  acerbe  à  l’encontre  de Noureddine  Bedoui,  c’est  qu’il  s’est  rendu  compte dès  la  prise de ses fonctions à la tête du ministère du Travail, que ce projet d’envergure ne peut être concrétisé sur le terrain dans un délai aussi court.

Il en veut pour preuve, la lenteur excessive ayant  caractérisé cette opération depuis son lancement le 8 décembre 2019 qui a coïncidé, selon lui, avec la promulgation du décret exécutif n°19-336, signé par M. Bedoui.

“Nous avons constaté que les délais impartis pour l’intégration de ces 365 000 jeunes bénéficiaires du Dispositif d'aide à  l'insertion  professionnelle (DAIP), dans des postes permanents, est une mesure chimérique”, avoue El-Hachemi Djaâboub invité de la Radio nationale. “Le programme prévoyait, a-t-il indiqué, le placement de 150 000 jeunes dans le seul et dernier mois de l’année 2019, mais à mon arrivée au ministère  au  mois  d’octobre  2020, il  m’a  été précisé que 20 000 jeunes uniquement ont pu être intégrés”.

Faisant le bilan de cette insertion professionnelle, le  ministre du Travail a souligné que 68 000 jeunes en pré-emploi ont été permanisés jusque-là à travers toutes les wilayas. M. Djaâboub a également mis l’accent sur la création  de  30 000  postes  dans  l’enseignement, 500  postes  dans l’enseignement supérieur et 30 000 autres postes au ministère de l’Intérieur.

Le ministre a signifié dans ce cadre, que plus de 70% des  jeunes concernés par cette démarche relèvent des départements de l’Intérieur et de l’Éducation. 

“Si l’on maintient ce rythme, nous  escomptons  intégrer  professionnellement quelque 200 000 jeunes d’ici à la fin de l’exercice en cours”, estime le premier responsable du secteur qui reconnaît clairement que le processus d’intégration de ces jeunes fait face à de sérieuses contraintes et autres compulsions liées au recrutement et au problème financier.

Plus précis, le ministre a évoqué la difficile intégration de ces jeunes diplômés dans l’administration publique qui emploie d’ores et déjà plus de 2,1 millions de personnes. D’où la nouvelle approche de chercher des opportunités dans le secteur économique.

En termes plus clairs, c’est d’encourager ces jeunes à l'entrepreneuriat et à la création des petites et moyennes entreprises (PME). Cela passe, selon lui, par la spécialisation des étudiants de l’enseignement supérieur et ceux de la formation  professionnelle, dans  des  activités  suivant les besoins exprimés dans le monde du travail. “Nous avons relevé des dysfonctionnements entre les différentes spécialités enseignées et la demande exprimée dans les divers secteurs d’activité”, a-t-il constaté. 

68 000 jeunes intégrés 
L’objectif  recherché  désormais, a -t-il ajouté, c’est  de  solliciter  ces établissements pour des formations à même d’assurer des postes d’emploi à ces jeunes. Le ministre a également relevé la nécessité de libérer l'acte d'investir et le foncier économique de toute pratique bureaucratique. Pour lui, l'entrave à tout projet d'investissement est une véritable “trahison nationale”.

Le ministre du Travail  a, dans  ce  sens, fait  savoir  que “des  centaines de dossiers et des demandes de foncier industriel et de crédits bancaires ainsi que d'autres dossiers remplissant les conditions sont en suspens”.

Par ailleurs, le ministre du Travail a écarté la possibilité d'un retour à la retraite proportionnelle et sans condition d'âge en cette conjoncture économique. Il a tenu cependant, à rassurer les retraités que l'État ne les “abandonnera jamais quelle que soit la conjoncture”.

Le recours à ces deux formules de retraite, a-t-il argué, génèrera un million de nouveaux retraités. Ce qui nécessitera la mobilisation de 540 milliards de dinars de la Caisse nationale de retraite (CNR), déficitaire, elle, depuis l’année 2012.                            
 

B. K.


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