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Quelle alternative sécuritaire pour le Mali ?

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Djilali BENYOUB Publié 20 Juin 2021 à 09:41

La crise malienne plonge dans le rouge avec le putsch, même en mode soft, surprenant pour certains, mais pas du tout étonnées semblent les autorités françaises qui animent localement la lutte antiterroriste. Ont-elles d’ailleurs un autre avis. Certainement, puisque l’éventualité d’un retrait des forces françaises de l’opération Barkane est devenue le 10 juin dernier une réalité. 

Le président Emmanuel Macron a annoncé, ce jour-là, la fin de l’opération militaire. Pour certains, le président français fait payer les Maliens hostiles à la présence française sur fond de soupçons de la main russe dans cette tendance qui s’affiche dans les manifestations populaires. D’autres appréhendent une complexification de la situation et une dégradation sécuritaire que l’absence du contingent français  encouragerait les groupes terroristes à repartir à la conquête de ces nouveaux territoires.

Quand bien même Iyad Ag Ghaly martèlerait sa distanciation des autres mouvements terroristes, notamment ceux responsables des massacres au Burkina Faso, rien ne garantit qu’il ne puisse pas être tenté par de nouvelles offensives, même si certaines sources locales confirment des contacts avec les autorités, à travers des intermédiaires, dans le cadre d’un futur dialogue qui ne serait, d’ailleurs, pas bien vu par les Français, parce que n’étant eux-mêmes pas informés.

La crainte réside dans le flou qui entoure la situation du Mali, tant politique que sécuritaire, qui peut basculer à tout moment, alors qu’à Bamako, les observateurs sont contraints de s’en tenir aux engagements du colonel Assimi Goïta de respecter l’accord du dialogue inclusif de 2015, dit Accord d’Alger, et de rendre le pouvoir aux civils à l’issue de la transition. Et malgré le blanc-seing de la Cédéao, les nouveaux maîtres de Bamako, héros d’un double coup d’État en neuf mois, sont davantage fragilisés sans le soutien de l’armée française dont le contingent Barkane plie bagage.

Sans cet appui, les colonels maliens au pouvoir seront appelés, malgré eux, à faire des concessions aux groupes islamistes locaux. L’accord conclu avec Macina pour la “gestion” d’une localité du centre du pays est un exemple de concession que les responsables concèdent aux islamistes, alors que l’Accord de paix (d’Alger) est sous le coude, sa mise en œuvre souffrant de tergiversations des uns et des autres.

Plus des responsables politiques à Bamako. Le risque sécuritaire est le défi majeur pour les tenants du pouvoir à Bamako qui, en l’absence de la seule réelle force opérationnelle, Barkane, doivent compter sur le G5 Sahel dont l’opérabilité n’est toujours pas confirmée ou encore Takuba qui est loin de pouvoir suppléer les forces françaises. 

Les autorités maliennes (actuelles) se retrouvent ainsi piégées par cette nouvelle donne qui va les pousser à trouver des solutions “sécuritaires” et surtout des formules pour compenser le départ des forces françaises. Une option qu’avait prédite le défunt Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP, qui préconisait la redynamisation du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc), qui regroupait ce qui constitue aujourd’hui le G5 Sahel sans le Tchad. Mais des puissances étrangères ont fini par “réduire” ses capacités sans offrir d’alternative aux pays de la région. Ou alors, Barkane, qui vient de quitter le Mali. Pour ne pas dire abandonner le Mali. La mutualisation des forces des pays de la région pourrait s’avérer être une bonne option de rechange. 

 


Djilali B.

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