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Promulgation de la loi fondamentale

Tebboune maintient sa “feuille de route”

© D. R.

Avec le très peu de crédibilité dont elle jouit, la promulgation de la nouvelle Constitution par le chef de l’État, jeudi, est  perçue par certains comme un “défi”  contre  la  majorité  écrasante  des  Algériens  qui  l’ont  pourtant massivement rejetée, lors du dernier référendum.

Deux mois après son adoption par référendum, le 1er novembre 2020, la nouvelle Constitution a été finalement signée, jeudi, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, après son retour, mardi dernier, d’un long séjour en Allemagne où il était hospitalisé pour cause de maladie liée à la Covid-19.

Selon un communiqué laconique de la Présidence, diffusé jeudi, le chef de l’État “a signé le décret présidentiel portant promulgation au Journal officiel de l’amendement de la nouvelle Constitution”.

Une  promulgation  qui  intervient,  faut-il  le  préciser,  dans  un  contexte particulièrement complexe et crispé, en raison, entre autres, des blocages politiques et institutionnels engendrés, en partie, par l’absence de plus de deux mois du chef de l’État.

Il n’est même pas sûr, d’ailleurs, que cette promulgation lève l’inhibition qui caractérise le pays depuis plusieurs mois et l’arrache à son atonie au moment où la crise sanitaire de la Covid-19 n’en finit pas d’impacter durement la vie économique et sociale.

Avec, raison  aggravante, le  très  peu  de  crédibilité  dont  jouit  la  nouvelle Constitution, force est de constater que la paralysie qui frappe l’Algérie risque de durer encore longtemps, avec toutes les conséquences que cette situation inédite implique et suppose.

Boudée par la majorité des Algériens lors du dernier référendum, l’urne a pourtant envoyé un message cinglant : plus de 76% des électeurs ont boycotté ce scrutin, soit le taux d’abstention le plus important de l’histoire de l’Algérie indépendante. Projet pourtant phare du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la loi fondamentale qui “devait” jeter, selon ses promoteurs, les jalons de la “nouvelle Algérie”, n’a recueilli que 23% des voix exprimées.

Un véritable désaveu. En politique, un tel rejet massif ne devrait pas manquer d’interroger sur la pertinence même de ce processus laborieux et souffrant du manque d’adhésion populaire.

Rejetée également, dans la forme et dans le fond, par l’opposition qui n’a pas cessé d’appeler à un processus constituant et transitoire, le régime en place semble tenir bon gré mal gré à mener jusqu’au bout sa feuille de route avec, en perspective, l’organisation des élections législatives qui devraient intervenir après l’adoption de la future loi électorale et la loi sur les partis.

Dans le cas d’espèce, il est clair que le pouvoir en place ne semble pas avoir saisi  et  pris  la  mesure  du  message  délivré  par  les  Algériens,  pourtant implacable. Pis encore, selon certains observateurs, la promulgation, ce jeudi, de la loi  fondamentale  constitue  un  “défi” contre  l’écrasante  majorité  des Algériens.

“En plus du dépassement des délais réglementaires, estimés à 15 jours après la proclamation des résultats du référendum constitutionnel le 20 novembre dernier, la signature de la nouvelle Constitution par le président Tebboune constitue un véritable défi et un refus de tout changement, aussi important soit-il”, commente le politologue Mohamed Hennad, qui rappelle, dans un texte publié, hier, sur sa page Facebook, que la promulgation de la loi fondamentale risque, en plus de perpétuer la paralysie générale, d’intensifier la “répression” de toutes les voix discordantes.

“Dans tous les cas, ce paraphe était attendu, malgré le refus de la majorité écrasante et sans appel de la population d’adopter ce texte. Dans ce cas, il faut s’attendre plus que jamais à plus de poigne de la part du pouvoir (…).” 
 

K. BENAMAR

 


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