Éditorial

Le suicide collectif

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Hassane OUALI Publié 24 Novembre 2021 à 23:13

Angoissant. Le diagnostic qu’établit le psychiatre Farid Kacha sur la société algérienne et sur sa santé mentale est pour le moins inquiétant.  Phagocyté par des cycles de violence multiformes, l’être algérien est pris dans une profonde souffrance sociale. De la violence massive de la décennie noire qui a brisé les ressorts de la société, il en sort avec un traumatisme destructeur. Le déni imposé comme politique de “guérison” a ouvert la voie à toutes les déviances, jusqu’à faire du bourreau l’être intouchable, et la victime écrasée dans le silence. Ce dangereux jeu d’inversion des rôles a totalement brouillé les repères. Il a surtout précipité le pays dans les abîmes. Les espaces de socialisation sont livrés aux forces les plus rétrogrades. Les institutions qui ont vocation à produire du sens sont peu à peu gagnées par une “pensée” sclérosée. Imperméables aux idées novatrices. 

Dans le vacarme des nouveaux ayatollahs de la pensée, les voix de la raison sont inaudibles, quand elles ne sont pas éteintes. Réfractaires à la raison scientifique, l’école et l’université sont soumises à la règle de la bigoterie. Alors qu’il se pose à l’ensemble de la société la grande question de son devenir, les appareils de l’État favorisent des réponses de type démagogique, totalement irrationnelles. Ses agents intimidés, mais aussi par conviction, cèdent le pas et font d’énormes concessions jusqu’à devenir eux-mêmes les acteurs complices d’un suicide collectif. 

Dans les institutions de la République, c’est la fetwa qui l’emporte sur la rigueur managériale. Un glissement dangereux vers une situation où l’idéologie régressive domine l’ensemble des structures. Le peu d’esprit républicain qui reste est confiné dans un angle mort de l’État. Cela s’exprime au grand jour dans l’exercice du pouvoir où le discours politique dominant est d’une indigence abyssale. 

Désincarné. Considérablement appauvrie, la parole publique a fini par dégrader les fonctions régaliennes. L’État en prend un sérieux coup. Asséché, il est comme adossé à un vide intellectuel sidéral. Il court le risque de tomber dans l’escarcelle des forces rétrogrades qui sont à l’œuvre depuis longtemps. Pendant que les pouvoirs successifs s’occupaient à museler les porteurs d’espérance, les brigades de la réaction étaient en embuscade, attendant leur heure. ■

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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