Éditorial

Tunisie, du jasmin et des épines

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Hassane OUALI Publié 26 Juillet 2021 à 23:21

Martial, entouré d’une brochette d’officiers, le président tunisien Kaïs Saïed a choisi le jour anniversaire de la proclamation de la République pour s’emparer de tous les pouvoirs et déployer les forces armées. Il a décidé du gel de la vie parlementaire, du limogeage du Premier ministre. Il s’est autoproclamé patron incontesté de l’Exécutif. Temporairement, assure-t-il. Celui qui a débarqué de nulle part, défiant les ténors de la vie politique lors de l’élection présidentielle de 2019, se pose en “sauveur de la république”, alors que le pays vit au rythme d’une crise multiforme depuis des mois. Le chef de la majorité parlementaire, Rached Ghannouchi - président du Parlement - a dénoncé un “coup d’État constitutionnel”.

La scène de son arrivée au palais du Bardo “cadenassé” par les militaires, l’empêchant ainsi d’accéder à son bureau, résume, à elle seule, l’inversement des rapports de force et des pouvoirs qui se déplacent brusquement vers le palais de Carthage. C’est une scène qui acte politiquement la mise au pas d’une institution axiale dans l’architecture du pouvoir qui vient de faire un saut dans l’inconnu. Le risque d’un retour aux temps sombres de la dictature est fortement redouté. La fragile démocratie qui a connu des contrecoups depuis la chute du tyran Ben Ali se trouve fortement menacée.

L’ancien président Moncef El-Marzouki a jugé le geste de Kaïs Saïed comme “un grand bond en arrière”. “Ce n’est pas le début de la solution, mais le commencement d’une sérieuse crise”, avait-il commenté quelques moments après les annonces présidentielles, alors que la puissante Centrale syndicale soutient la démarche du président, mais exige “le respect de la légitimité institutionnelle”. En somme, cette crise inédite à laquelle est confrontée la Tunisie, meurtrie par la double crise sanitaire et économique, peut bien porter un coup d’arrêt à l’expérience démocratique tunisienne.

L’incapacité des dirigeants à contenir leurs conflits à l’intérieur des institutions est le signe de la faiblesse des forces politiques nationales. Mais aussi et surtout le fait d’influences d’acteurs extérieurs. La Tunisie est aussi le terrain où se jouent des rivalités régionales. Il faut dire que nombre de régimes du Proche et du Moyen-Orient voyaient d’un mauvais œil la réussite de la révolution du “Jasmin”, abandonnée économiquement. Ils se sont en revanche ingéniés à nourrir les tensions entre courants politiques locaux. 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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