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édition 2021 en France

Une rentrée littéraire marquée par le poids de l'histoire

La deuxième quinzaine d’août signe l’arrivée de nombreux nouveaux livres sur les étals. © D.R

Plus de 500 nouveaux titres vont débarquer ces prochains jours sur les étals des libraires, avec quelques poids lourds en vue.  

Le poids de l'histoire et ses blessures marquent les romans de la rentrée littéraire en France, qui voit débouler sur les étals des libraires plus de 500 titres candidats aux prix d'automne. Après avoir craint le pire lors des confinements et des fermetures de librairies de 2020, mais été surprise par de très bons chiffres depuis décembre, la filière du livre attaque cette période cruciale avec beaucoup d'optimisme. Juillet en France a été “très bon pour la librairie. Toujours pas de baisse de fréquentation par rapport à juillet 2020”, témoignait par exemple un libraire anonyme sur Twitter à libraire se cache. Et la deuxième quinzaine d'août signe, comme toujours, l'arrivée de poids lourds attendus par des lecteurs impatients. 

Amélie Nothomb, fidèle au rendez-vous chaque année, publie l'un de ses meilleurs romans, Premier sang (Albin Michel), mémoires fictifs de son père décédé l'an dernier. Où l'on découvre une famille excentrique et redécouvre un épisode tragique de l'histoire de l'ex-Zaïre par ce diplomate belge. “Je n'aurai pas le Goncourt (...) Ils considèrent que je suis une autrice à succès et que je n'en ai pas besoin, et ça peut se défendre”, affirmait-elle mardi au quotidien Le Parisien. 

Drames du XXe siècle 
Sorj Chalandon avec Enfant de salaud (Grasset), Marc Dugain avec La Volonté (Gallimard), François Noudelmann avec Les Enfants de Cadillac (Gallimard) évoquent également leur ascendance au milieu des drames et des guerres du XXe siècle. L'holocauste hante d'autres auteurs : Anne Berest fouille ses racines juives après avoir reçu La Carte postale (Grasset), Gisèle Berkman décrit une survivante dans Madame (Arléa). 

L'antisémitisme d'avant la Première Guerre mondiale est le sujet de la fresque de Christophe Donner, La France goy (Grasset), tandis que Jean-Christophe Grangé évoque des assassinats au sein de la haute société berlinoise de la fin des années 1930 dans Les Promises (Albin Michel, sortie le 9 septembre). 
Les tourments de l'Afrique et de l'esclavage pointent dans Mamba Point blues (Presses de la Cité) de Christophe Naigeon qui fait voyager entre New York, la France et le Liberia, ou dans La Porte du voyage sans retour (Seuil) de David Diop, romancier fraîchement couronné du Booker Prize international, qui signe une version romancée des aventures d'un naturaliste français au Sénégal au XVIIIe siècle. De blues il est aussi question dans Delta Blues (Grasset) de Julien Delmaire qui raconte la naissance de cette musique dans le delta du Mississippi. Plus près de nous dans le temps, Philippe Jaenada fouille un fait divers des années 1960 qui a marqué la France, l'affaire Lucien Léger: “Au printemps des monstres” (Mialet-Barrault). Michaël Prazan trace le portrait d'un ancien de l'Armée rouge japonaise avec Souvenirs du rivage des morts (Rivages) et Julie Ruocco explore le Kurdistan syrien et ses alentours, ravagés par le conflit de ces dix dernières années, dans Furies (Actes Sud).  

Musso bien après 
Autres histoires, très personnelles celles-ci: celles de Christine Angot qui reconstitue précisément son passé de victime d'inceste (Le Voyage dans l'Est, Flammarion) et d'Emmanuelle Lambert qui se remémore les beaux moments avec un père emporté par le cancer (Le Garçon de mon père, Stock). L'épopée de deux femmes dissemblables dans La Définition du bonheur” (Gallimard) de Catherine Cusset, les traumatismes d'un ancien poilu dans Une certaine raison de vivre (Robert Laffont) de l'acteur Philippe Torreton, une sombre histoire racontée par Tanguy Viel dans La Fille qu'on appelle (Minuit) ou encore Plasmas (Rivages), fiction futuriste déroutante de Céline Minard, ont attiré l'attention de la critique. Mais le roi des ventes promet d'être encore Guillaume Musso qui attend le 21 septembre, bien après tous les livres cités ci-dessus, pour L'Inconnue de la Seine (Calmann-Lévy).

Au rayon étranger, Shuggie Bain (Globe) du Britannique Douglas Stuart, qui évoque la classe ouvrière au temps du thatchérisme. Madame Hayat (Actes Sud) du Turc Ahmet Altan, écrit en prison et pas édité dans son propre pays, God loves Haïti (Caraïbéditions) de Dimity Élias Léger sont des témoignages de la force de la littérature face à la politique. Cette rentrée marque également le retour du prix Nobel de littérature, le Britannique Kazuo Ishiguro, avec Klara et le soleil (Gallimard) et de l'Américain Richard Ford (Rien à déclarer, L'Olivier). 

 


AFP


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