L’Actualité LA CAMPAGNE POUR LES ÉLECTIONS LOCALES S’ACHÈVE CE MARDI

Morne, inaudible et sans relief

  • Placeholder

Arab CHIH Publié 22 Novembre 2021 à 00:58

La campagne pour les élections locales du 27 novembre, n’a pas réussi à capter l’intérêt de bon nombre d’Algériens. © D. R.
La campagne pour les élections locales du 27 novembre, n’a pas réussi à capter l’intérêt de bon nombre d’Algériens. © D. R.

Après une campagne électorale que d’aucuns trouvent insipide et sans relief, les candidats doivent attendre le jour du scrutin, prévu samedi prochain, pour  savoir  si  leurs  efforts  de convaincre  les  citoyens d’aller voter ont porté leurs fruits.

La campagne électorale pour les élections locales du 27 novembre amorce sa dernière ligne droite. Après trois semaines d’activités diverses (sorties, affichages, etc), la cinquantaine de partis politiques et les indépendants ayant confectionné plus de 900 listes devront, à partir de demain minuit, s’imposer un repos, en attendant le jour “J” et, bien entendu, le verdict du citoyen.

À l’évidence, cette campagne que d’aucuns trouvent insipide et sans relief, n’a pas réussi à capter l’intérêt de bon nombre d’Algériens et à vaincre leurs réticences à aller aux urnes.

Sans relief parce que le grand enthousiasme citoyen comme les échanges vifs entre candidats ou leurs soutiens qui, par le passé, marquaient ce genre de scrutin, ne semblent pas, cette fois-ci, être au rendez-vous.

“Nous sommes devant un défi majeur, celui de convaincre les citoyens de participer aux élections”, a reconnu, hier, à Aïn M’lila, le président du parti El-Fadjr El-Djadid, Tahar Benbaïbèche.

Pourtant, les autorités n’ont pas cessé d’insister, depuis des mois déjà, sur l’importance de la réussite de ces élections pour, explique-t-on officiellement, achever l’édifice institutionnel dont la mise en place a été entamée au lendemain de la Présidentielle de décembre 2019 qui a porté Abdelmadjid Tebboune à la tête du pays.

Mieux, tous les chefs de partis engagés dans cette élection ont tenté de prêter main-forte à leurs candidats, en organisant sorties et meetings électoraux dans plusieurs wilayas et localités de l’Algérie profonde, dans le but de convaincre les Algériens de la nécessité d’aller aux urnes. Des campagnes virtuelles ont été aussi menées par les partis et leurs candidats sur les réseaux sociaux dans l’espoir de vaincre les réticences des citoyens d’aller voter.

Mais malgré un tel investissement, la mayonnaise ne semble pas avoir pris et le spectre de l’abstention qui a déjà marqué tous les scrutins organisés au lendemain de la révolution populaire, plane sérieusement sur le rendez-vous électoral de samedi prochain.

Mais pourquoi un tel désintérêt des Algériens pour une élection qui, pourtant, a une incidence directe sur leur quotidien puisqu’il s’agit du renouvellement des Assemblées locales ? D’abord le contexte socioéconomique.

Intervenant dans une phase très particulière marquée par l’appauvrissement de la vie sociale du fait de la Covid qui continue de sévir, et d’une crise économique aiguë qui a laissé des milliers de familles sur le carreau, les élections locales du 27 novembre sont quelque peu parties avec un handicap majeur.

L’envolée des prix de plusieurs produits alimentaires de base cette année (poulet, pomme de terre, légumes secs, etc.), les feux de forêt de l’été dernier mais aussi les inondations de cet automne sont de nature à renforcer le sentiment de vulnérabilité déjà présent chez beaucoup d’Algériens et, du coup, les pousser à tourner le dos au prochain scrutin.  

Il faut ensuite relever le discours électoral pas assez “terre à terre” adopté par les partis politiques à l’occasion de ces élections. Curieusement, tous les sujets brûlants cités précédemment, en plus des arrestations de militants politiques ou encore du phénomène des harraga revenu en force cette année, sont peu évoqués quand ils ne sont pas tout bonnement évacués par les chefs de parti, préférant discourir sur des thématiques certes importantes mais assez abstraites comme la gouvernance locale, les prérogatives des élus ou encore la fiscalité locale quand ils ne versent pas dans le populisme au lieu de proposer des solutions concrètes aux problèmes quotidiens que rencontre l’Algérien lambda.

Il faut dire aussi que la campagne électorale est mal partie avec la guéguerre entre l’Anie et certains partis politiques autour de certaines listes rejetées par l’organisme  présidé  par  Mohamed Charfi.  En  somme, ce  sont là quelques ingrédients qui  peuvent, au  final, peser  lourdement  sur  la  participation au scrutin de samedi prochain.

 

Arab C.

 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

    • Placeholder

    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

    • Placeholder

    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00