Très investi dans le Hirak, le RCD, qui a décidé de boycotter les prochaines élections, plaide de nouveau pour la transition. Il estime qu’“il faut valoriser les résistances pacifiques (...) afin de redonner espoir au peuple algérien”.
À une semaine de la tenue des élections locales prévues pour ce 27 novembre, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) critique sévèrement ce rendez-vous qu’il a boycotté, en n’hésitant pas à qualifier le processus de “simulacre électoral”, voire d’“illégal”.
“Le simulacre électoral du 27 novembre, en plus d’être illégal, achève le processus de discrédit des institutions entamé en décembre 2019”, assène le parti dirigé par Mohcine Belabbas dans un communiqué rendu public, hier, à l’issue de la réunion de son secrétariat national tenue vendredi 19 novembre en son siège national. “La disqualification de la feuille de route de normalisation autoritaire des tenants du pouvoir de fait par une désaffection générale et continue des farces électorales doit parler à tous les patriotes du pays”, estime-t-il.
Connu pour son engagement dans le Hirak et en faveur de la démocratie, le RCD brosse un tableau noir de la situation des libertés en Algérie, allant jusqu’à parler de “climat qui rappelle l’ère coloniale”. “Près de soixante-dix ans après le déclenchement de la lutte armée de libération nationale, les Algériennes et les Algériens sont de nouveau confrontés à un climat qui rappelle l’ère coloniale où la répression, la confiscation des libertés, les emprisonnements arbitraires et une dégradation alarmante des conditions de vie de l’immense majorité des citoyens sont légion”, assène-t-il.
Le système, dont l’essentiel est de “perpétuer sa domination sur le pays”, est également accusé par le RCD d’avoir “dilapidé les richesses du pays et appauvri ses potentialités”, mais aussi de promouvoir une politique qui “vide le pays de sa jeunesse la plus instruite et la plus dynamique, réprime ses citoyens qui refusent le déclassement et le fait du prince, et jette des pans entiers de la population dans la précarité et la misère”. La situation socioéconomique dont les effets pèsent sur de larges pans de la population ne prête pas non plus à l’optimisme aux yeux de ce parti.
“Ne pouvant plus acheter la paix sociale comme ce fut le cas dans les conjonctures de rente importante, le gouvernement programme, dans sa loi de finances 2022, l’amplification de la dépréciation du dinar pour gonfler artificiellement les recettes provenant des hydrocarbures au détriment du pouvoir d’achat”, a-t-il accusé, avant d’ajouter : “Comme cela ne suffit pas pour combler les déficits, il rogne sur les transferts sociaux indirects (santé, éducation, logement…) et fait voter, par des députés à sa solde, la fin des subventions généralisées sur les produits de base.”
Aux yeux du RCD, ce sont les “fuites en avant et l’irresponsabilité des gouvernements successifs qui ont fait le lit de la crise multidimensionnelle que nous vivons aujourd’hui, et cette politique qui sème le désespoir et mène notre pays vers plus de drames doit être stoppée”.
Face à cette situation, le parti de Mohcine Belabbas préconise la valorisation des luttes pacifiques que mènent les Algériens. “Il faut valoriser les résistances pacifiques contre les dérives liberticides et l’accaparement de l’appareil judiciaire, la misère et l’appauvrissement de l’immense majorité de la population, le déclassement de notre jeunesse et l’instrumentalisation de l’histoire et de la mémoire, afin de redonner espoir au peuple algérien”, clame-t-il.
Selon lui, l’action du parti visant à “regrouper le plus largement possible autour de la défense des libertés” obéit à l’impératif d’“ouvrir une issue positive à la crise” qui, réitère-t-il, “passe inéluctablement par une transition démocratique qui mettra fin à la peur et à la fatalité du sous-développement entretenues par la politique en cours”.
A. C.