L’Actualité ANALYSE DE LA CAPC SUR LE TAUX DE CHANGE DU DINAR

Les limites de la dépréciation

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Akli REZOUALI Publié 07 Mars 2022 à 00:03

Entre 2014 à 2020, le dinar a perdu 36,42% de sa valeur contre le dollar US et 26,02% contre l’euro. © D. R.
Entre 2014 à 2020, le dinar a perdu 36,42% de sa valeur contre le dollar US et 26,02% contre l’euro. © D. R.

Dans  son  “Livre  blanc”  sur  l’entreprise  et  le  développement économique, présenté avant-hier à Alger, la Confédération algérienne du patronat citoyen souligne que les ajustements du taux de change constituent l’un des facteurs explicatifs des poussées inflationnistes en présence.

“Faute de capacités d’offre d’exportation et de substitution aux importations, l’économie algérienne ne pourrait répondre aux signaux de la dépréciation que dans le long terme.” C’est le constat que met en avant la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) sur la gestion du taux de change du dinar ces quelques dernières années. 

Dans son Livre blanc sur l’entreprise et le développement économique, présenté avant-hier à Alger, la CAPC analyse les limites des effets de la dépréciation du dinar sur l’économie, soulignant de prime abord que les ajustements du taux de change constituent l’un des facteurs explicatifs des poussées inflationnistes en présence.

“Le premier effet d’une dépréciation d’une monnaie nationale est inflationniste à la mesure du contenu en importation de l’offre globale”, est-il indiqué dans le document de la CAPC. En clair, plus l’offre d’un marché est prédominée par des biens d’importation, plus les mesures de dépréciation de la monnaie nationale peuvent générer des pressions inflationnistes. 

Dans cet ordre d’idées, la CAPC rappelle que sur l’ensemble de la période allant de 2014 à 2020, le dinar a perdu 36,42% de sa valeur contre le dollar américain et 26,02% contre l’euro.

Dans le cas de l’économie algérienne, souligne l’organisation patronale, son “exposition aux variations du taux de change est à la mesure de sa dépendance à l’égard des importations, laquelle est très importante, particulièrement en inputs et produits alimentaires”. 

La dépréciation d’une monnaie nationale, est-il encore expliqué, cible “un effet structurel consistant à restructurer l’offre au profit des biens exportables et des biens substituables aux importations”.

Or, s’agissant de l’Algérie, l’ajustement de la valeur du dinar a eu pour conséquence de “réprimer la demande par son effet inflationniste et augmenter les recettes budgétaires par un effet de valorisation du dollar sur le dinar”, relève la CAPC. 

Et de rappeler, en ce sens, que courant 2019, la Banque d’Algérie avait elle-même estimé que l’ajustement du taux de change ne doit pas constituer le principal, voire l’unique levier d’ajustement macroéconomique. 

Pour l’organisation patronale, il serait en définitive “utile d’avoir à l’esprit les effets des glissements et des dévaluations plus franches intervenus entre 1986 et 1994, qui n’ont pas eu les résultats souhaités…”. 

À souligner que la gestion du taux de change de la monnaie nationale, telle qu’opérée depuis le contre-choc pétrolier de la mi-2014, a souvent été l’objet de controverses quant à son efficacité pour aider à ajuster les fondamentaux économiques et aux conséquences qu’il induit sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises de production. 

Porteuse de fortes poussées inflationnistes, la dépréciation du dinar s’accompagne souvent des renchérissements généralisés des biens sur le marché domestique, d’autant que la production locale dépend elle-même d’intrants et de matières premières importés en devises fortes.

Aussi, de nombreux acteurs économiques estiment que les fluctuations du taux de change ne font que pénaliser les ménages et les producteurs et ne favorisent pas vraiment l’exportation, au vu de la faible compétitivité des entreprises algériennes à l’international. 
 

Akli R.

 

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