En voyage, il n’a appris qu’au petit matin le résultat du tirage au sort des groupes de la CAN-2021. Première réaction ? “L’Algérie est le tenant du titre. L’équipe à abattre. Pas d’inquiétude, ça va le faire !”, nous lâchera Lakhdar, avec son habituelle lucidité et un certain détachement. L’Afrique, il connaît. D’où son optimisme, teinté cependant d’une sacrée dose de prudence.
“Il n’y a plus de petites équipes en Afrique”, rappelle-t-il d’emblée, comme une sentence entérinée. Avant d’argumenter. “Même celles qui n’ont pas spécialement de glorieux passé ont compensé cela par la qualité de joueurs qui évoluent en Europe. Sur le continent, tout le monde peut battre tout le monde. Il n’existe plus d’énorme différence de niveau. Le travail de certaines fédérations a fini par payer et on voit de plus de sélections qui décrochent leur qualification pour la première fois. Il n’y a qu’à voir le nombre de joueurs africains qui évoluent dans les grands clubs européens.
Avant, les Européens se renforçaient en recrutant au Brésil. Désormais, ce sont les Africains qui sont courtisés et recrutés pour faire le job. Hériter, donc, de la Sierra-Léone, de la Guinée équatoriale et de la Côte d’Ivoire demeure un tirage au sort ni simple, ni difficile en même temps”, soulignera Lakhdar Belloumi. Pour l’ancien meneur de jeu de génie, “il faudra être prêts pour chaque match. Aucune rencontre ne sera facile. C’est la Coupe d’Afrique des nations. Mais en parallèle, aucun match ne sera difficile pour les champions du continent que nous sommes.
Avant, c’est nous qui faisions des calculs et nourrissions certaines appréhensions avant ce genre de matchs à gros enjeux. Désormais, c’est nos adversaires qui doivent être inquiets en ce moment. Ce sont nos futurs concurrents qui ne doivent pas être à la joie d’avoir hérité de cette sélection championne d’Afrique”, assènera-t-il, du haut de ses quatre participations (1980, 1982, 1984 et 1988) au tournoi biennal.
Et d’enchaîner : “Je ne m’inquiète pas dans la mesure où j’ai entière confiance en Djamel Belmadi. Il sait ce qu’il fait et il le fait à merveille, notamment en sa façon de préparer ce rendez-vous. Avec l’équipe qu’il a construite et qu’il a menée là où elle est actuellement, il n’y a aucune crainte à se faire. Ni en matière de football, encore moins en matière de personnalité à afficher ou de comportement.
Et ce n’est certainement pas Djamel Belmadi qui risque de faire dans l’autosuffisance ou de prendre un adversaire de haut. Il l’a d’ailleurs très bien résumé à l’annonce des résultats du tirage au sort”. “Pour aller loin, en Afrique, dans une CAN, il faudra aussi et surtout éviter, jusqu’au bout, de tomber sur la sélection du pays organisateur. Car, finalement, l’Afrique reste l’Afrique”, conclut, au final, le Ballon d’or-1981.
Rachid Belarbi