Économie Oléiculture

Une filière en mal de modernisation

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Badreddine KHRIS Publié 21 Mars 2021 à 22:20

© D. R.
© D. R.

L’Algérie recèle d'importantes potentialités pour le développement de la production d'huile d'olive. Les 1 600 huileries recensées dans notre pays produisent en moyenne 100 000 tonnes annuellement.

Cette production reste, cependant, insuffisante, car principalement destinée à la consommation locale. Sur certaines saisons, comme celle de l’année en cours, la production baisse de manière considérable et engendre une hausse des prix pouvant atteindre 1 000 à 1 200 DA le litre. 

Le ministère de l’Agriculture a mis en œuvre un programme pour le développement de cette filière agricole sans obtenir des résultats probants. Car, en dépit de l’intérêt accordé à ce produit, la filière n’a pas évolué tel qu’escompté par la tutelle. Le marché national de l’huile d’olive est toujours “phagocyté” par l’informel. Avec des capacités de production limitées, il est déjà difficile de satisfaire toute la demande nationale en huile d’olive algérienne.

Les acteurs estiment que la filière ne bénéficie pas suffisamment de soutien de la part des pouvoirs publics, et nécessite, de ce fait, une meilleure promotion et valorisation. Les experts reconnaissent que l’huile d’olive algérienne n’arrive plus à s’imposer sur les marchés internationaux.

Pis encore, tous les observateurs s’accordent à dire que des insuffisances dans différents domaines liés à cette activité persistent. L’amélioration quantitative et qualitative de la production est visiblement un objectif difficile à réaliser, relève Nagueb Ladjouzi, gérant de la société française de vente en ligne d’huile, “Autour de l’Olive”. 

Ce spécialiste exhorte ainsi les producteurs à changer leurs méthodes de travail. Or, sur le terrain, l’on continue à faire la cueillette tardive des olives. Ce qui altère davantage la bonne qualité de l’huile. Les conditions de stockage et de transformation ne sont pas à même de garantir une huile vierge. Pour Nagueb Ladjouzi, le fait que les oliviers ne soient pas entretenus constitue l’une des principales causes de ces contre-performances déplorées dans la filière. “Beaucoup d’oliveraies sont laissées à l’abandon”, observe-t-il.

L’olive qui arrive souvent moisie dans les pressoirs, ce qui augmente le degré d’acidité de plus de 3,3%. Dans pareil cas, le produit ne peut répondre aux standards de qualité requis en la matière. Des efforts doivent être consentis aussi en termes de conditionnement par l’usage du verre fumé, l’étiquetage…

Une autre problématique préoccupe, par ailleurs, Nagueb Ladjouzi. Il s’agit des concours auxquels prennent part des producteurs algériens. Selon cet expert, “le producteur d'huile d'olive, attiré par ces concours considérés comme une vitrine mondiale, cherche en toute légitimité une image à l’international pour son produit. Mais de nombreux concours n’ont ni un poids médiatique ni une influence sur les consommateurs des quatre coins de la terre”.

L'Algérie doit au contraire faire valoir ses huiles d'olive traditionnelles issues des différentes régions, réputées pour leur goût unique, exceptionnel et agréable.
 

B. K.

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